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Histoire et géographie


Mgr Jean-Pierre Blais




MONSEIGNEUR JEAN-PIERRE BLAIS

( 2008 – )

sa devise

"Vivre de Jésus et pour lui"



CURRICULUM VITAE

Mgr Blais est né à Saint-Anselme, au Québec, le 21 mai 1949. Ordonné prêtre en 1974, il est diplômé en théologie de l’Université Laval de Québec et il a aussi étudié dans le domaine des sciences de l’éducation. En plus d’avoir exercé un ministère pastoral en milieu paroissial, il a travaillé pendant quelques années en milieu scolaire et a assumé la direction de l’Office de catéchèse du Québec pendant huit années. À la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), Mgr Blais a siégé à la Commission de l’éducation chrétienne du Secteur français.

Actuellement, il est membre de la Commission épiscopale pour l’unité chrétienne, les relations religieuses avec les Juifs et le dialogue interreligieux à la CECC. Il siège aussi sur le Comité des communications et sur le Comité de législation et d’administration de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec. Il est le septième évêque du diocèse de Baie-Comeau.



SYMBOLISME DE SON BLASON

Partition : écartelé
La partition en quatre de l’écartelé rejoint le symbolisme du chiffre quatre : il y a les quatre saisons, les quatre points cardinaux… C’est le symbole des milieux de vie et des activités du nouvel évêque.

Pièce honorable : croix
L’évêque a à porter sa croix comme toutes autres personnes : travail, épreuves et renoncements.

Meubles (objets) :
Trois lys: L’ancêtre, Pierre Blais, a quitté la France pour venir s’établir à Saint-Jean, Île d’Orléans, en 1664.
L’écu losangé: Il est né à Hanc dans la région d’Angourmois, France. Cette région a l’écu losangé comme armoiries.
Trois chevrons: Ces trois chevrons se trouvent dans les armoiries du Collège de Lévis, c'est là que Mgr Jean-Pierre Blais a fait ses études classiques.
Trois épis: C’est le symbole des origines de la ferme à Saint-Anselme. Plusieurs ancêtres ont été fermiers.
Le livre: Le livre résume les études: M. Th. Past., C.E.C., et les activités en catéchèse au service des jeunes.
La houlette: La houlette représente la charge pastorale.

DEVISE « VIVRE DE JÉSUS ET POUR LUI »
La formulation de cette devise est inspirée du refrain d'un chant de Robert Lebel:
« Seigneur, que veux-tu que je fasse?
Seigneur, que veux-tu que je fasse?
Je ne veux vivre que de toi et pour toi ».

Ces armoiries ont été dressées et dessinées par l’abbé Lucien Godbout du Séminaire de Québec en novembre 1994. Réalisation et conception Andrée Gagnon.



Mgr Pierre Morissette


MONSEIGNEUR PIERRE MORISSETTE

( 1990 – 2008)

sa devise

"Avec l'Évangile du Christ" (2 Co 10,14)


CURRICULUM VITAE

Né à Thetford Mines, dans le diocèse de Québec, le 22 novembre 1944 il fut ordonné prêtre le 8 juin 1968 par le cardinal Maurice Roy. Le 5 mars 1987, il fut nommé évêque auxiliaire dans le diocèse de Québec et titulaire de Mesarfelta. Le Cardinal Louis-Albert Vachon présida son ordination épiscopale dans l’église Saints Martyrs Canadiens (Québec) le 12 juin 1987. Il devint le sixième évêque de Baie-Comeau le 2 mai 1990.


SYMBOLISME DE SON BLASON

La salamandre : la région de Thetford-Mines là où il est né produit de l’amiante. Tout comme la salamandre qui vit dans le feu sans se détruire, l’amiante se caractérise par sa résistance à l’action du feu.
La houlette : elle représente le bâton du berger, pasteur du troupeau.
La lettre "M" : elle rappelle la présence de la Vierge Marie dans la vie et les activités de Monseigneur Morissette.
Les épis de blé : ils symbolisent les différentes institutions où il a étudié et plus particulièrement, Sainte Anne de la Pocatière. Le semis de blé rappelle le Grand Séminaire de Québec où il a vécu pendant plusieurs années.


MONSEIGNEUR MAURICE COUTURE

( 1989-1990)

sa devise

" La charité espère tout " (1 Co 13, 7)


CURRICULUM VITAE
Né à Saint Pierre de Broughton, Québec, le 3 novembre 1926, il fut ordonné prêtre le 17 juin 1951. Son ordination épiscopale fut présidée par Monseigneur Louis-Albert Vachon, le 22 octobre 1982. Évêque auxiliaire du diocèse de Québec de 1982 à 1988, en janvier 1989, il devint le cinquième du diocèse de Baie-Comeau. Le 17 mars 1990, il fut nommé archevêque du diocèse de Québec.


MONSEIGNEUR ROGER ÉBACHER

( 1979-1988 )

sa devise

"Par lui, en Église pour le monde"


CURRICULUM VITAE

Né à Amos le 6 octobre 1936, dans une famille de quinze enfants, Monseigneur Ébacher fut ordonné prêtre dans la cathédrale d’Amos le 27 mai 1961. De 1961 à 1979, il fut professeur au séminaire d’Amos, directeur diocésain de la pastorale, administrateur du Collège d’Amos, curé de Villemontel et de la cathédrale d’Amos, vicaire épiscopal, animateur de zone et vicaire général. Quatrième évêque du diocèse de Baie-Comeau, son ordination épiscopale se déroula dans la cathédrale Saint Jean Eudes de Hauterive, le 31 juillet 1979. Depuis 1988, il exerce son ministère épiscopal dans le diocèse de Gatineau-Hull.


MONSEIGNEUR JEAN-GUY COUTURE

( 1975-1979 )

sa devise

" Charité, Joie, Paix "


CURRICULUM VITAE

Né à Québec le 6 mai 1929, il fut ordonné prêtre le 30 mai 1953. De 1969 à 1973, il travailla comme procureur diocésain adjoint à l’archevêché de Québec. En 1973, on lui confia le service de l’administration financière du diocèse. Le 15 août 1975, le cardinal Maurice Roy l’ordonne évêque pour le diocèse de Hauterive. Le 5 juin 1979, il devient le septième évêque du diocèse de Chicoutimi.


MONSEIGNEUR LAURENT NOËL

Administrateur apostolique

(1974-1975)

sa devise

" Dans la charité de Dieu "


CURRICULUM VITAE

Né à Saint Just de Bretenières (Montmagny), le 19 mars 1920, il est ordonné prêtre le 16 juin 1944. Consacré évêque à Québec le 29 août 1963, il sera pendant onze ans, évêque auxiliaire du diocèse de Québec. De 1974 à 1975, il exerce la responsabilité d’administrateur apostolique dans le diocèse de Hauterive et le 13 décembre 1975, il est intronisé évêque du diocèse de Trois-Rivières.


MONSEIGNEUR GÉRARD COUTURIER

( 1957-1974 )

sa devise

" Dans l’intimité du Père "


SON MINISTÈRE ÉPISCOPAL

Monseigneur Gérard Couturier fut ordonné évêque le 28 février 1957 dans la cathédrale Saint Germain de Rimouski. Il fut intronisé évêque dans la cathédrale de Baie-Comeau le 12 mars 1957. Le souci de la relève sacerdotale caractérise son ministère épiscopal. Le 20 août 1958, il fonde l’association " Caritas Côte-Nord ". En 1960, par un décret de Rome, Monseigneur Couturier devient évêque du diocèse de Hauterive, avec siège épiscopal dans la ville de Hauterive. Son ministère épiscopal se poursuivra jsuqu’en 1974. Monseigneur Gérard Couturier " fut le continuateur de l’œuvre de monseigneur Napoléon-Alexandre Labrie (fondateur du diocèse du Golfe Saint-Laurent). À sa suite, il a contribué à bâtir l’Église de la Côte-Nord avec ses diocésains. " (Gaston Vachon, vicaire général).


Mgr Napoléon-Alexandre Labrie
Évêque fondateur du diocèse de Baie-Comeau

Napoléon-Alexandre Labrie est né à Godbout, sur la rive nord du Saint-Laurent, au Québec, le 5 août 1893. À son baptême, il reçoit les prénoms de son oncle Napoléon-Alexandre Comeau (1848-1923) dont le 150 ième anniversaire de la naissance est souligné le 15 août 1998 par l'émission d'un timbre commémoratif par la Société canadienne des postes qui présente ainsi cette personnalité légendaire.

«Napoléon-Alexandre Comeau impose le respect par sa connaissance de l'environnement et de la faune, ses exploits de chasseur et de pêcheur, son aptitude à exercer la médecine et enfin pour avoir secouru des proches qui étaient prisonniers des glaces dans le Saint-Laurent.» C'était en janvier 1886. Parmi ces proches il y avait Alfred Labrie, qui sera le père de Napoléon -Alexandre Labrie et qui donna à son fils, né sept ans plus tard, les prénoms de son sauveteur et beau-frère, Napoléon-Alexandre Comeau.

Napoléon-Alexandre Labrie avait dix ans quand les pères eudistes se chargent des missions de la Côte-Nord, en 1903. C'est avec eux qu'il commença l'étude du latin à Pentecôte d'abord, puis au Vieux Poste de Manicouagan, où il demeurait chez sa soeur. Poursuivant ses études chez les eudistes au Collège Sainte-Anne, en Nouvelle-Écosse, puis au scolasticat à Bathurst au Nouveau-Brunswick, il les termina à Rome, où il fut ordonné à la prêtrise le 15 avril 1922.

Il exerça son ministère à la paroisse montagnaise de Betsiamites, puis à Pointe-aux-Outardes, avec desserte de Ragueneau, Chute-aux-Outardes, Pointe-Lebel et Baie-Comeau (c'était au tout début de la ville et l'endroit s'appelait déjà la «baie à Comeau », comme le père de Napoléon-Alexandre Comeau y avait un camp de chasse). Le père de N.-A. Labrie est missionnaire à La Tabatière, sur la basse Côte-Nord, avec desserte d'un territoire de deux cent milles, quand il est nommé vicaire apostolique du Golfe Saint-Laurent, en mars 1938. Son ordination épiscopale a lieu le 17 juillet suivant à Saint-Coeur-de-Marie à Québec.

Après la fondation du diocèse du Golfe Saint-Laurent, en novembre 1945, il déménage le siège épiscopal de Havre Saint-Pierre à Baie-Comeau, à l'été 1946. En 1948, avec un comité de citoyens, Mgr Labrie fonde la ville de Hauterive. Trois lettres pastorales de Mgr N.-A. Labrie furent publiées par le soin des jésuites: en 1948, La Forêt, publication de l'École sociale populaire; au même endroit, l'année suivante, en 1949, La Côte-Nord et l'industrie sidérurgique. Les matières premières de la Côte-Nord à la Côte-Nord pour notre province, et en 1950, La forêt et le problème social dans le comté de Saguenay, texte français et anglais, publication de l'Institut social populaire.

Après sa démission, en 1956, comme évêque du diocèse, dont il était le fondateur, il devient, de 1957 à 1968, président national des Oeuvres pontificales de la Propagation de la Foi et de Saint-Pierre-Apôtre, où il demanda la fondation du mouvement, toujours actif, de formation des jeunes à l'esprit missionnaire. Il résidait dans sa communauté des eudistes, à Charlesbourg, où il a été inhumé, après son décès à l'Hôtel-Dieu de Québec, le 16 mai 1973, à l'âge de 79 ans.

En conclusion..

La prière écrite par Mgr Labrie à la fin de sa lettre pastorale sur La Forêt, le 30 avril 1948, avec vue de l'embouchure du Saguenay et en premier plan la chapelle historique de Tadoussac, à la porte d'entrée du Diocèse de Baie-Comeau, qui s'étend jusqu'à Natashquan, sur une distance de près de 800 km. À la mesure de la personnalité du «Roi de la Côte-Nord», comme on a appelé l'oncle de Mgr Labrie, Napoléon-Alexandre Comeau. À la mesure de la poésie du protégé de Mgr Labrie, Gilles Vigneault, à la mesure du missionnaire qu'était Mgr Labrie, comme l'appelle celui-ci. En 1951, celui qui est devenu le peintre rimouskois Basque composait ainsi l'enluminure de cette prière.

Pierre Michaud, p.h.
prêtre du diocèse de Baie-Comeau

Soyez béni mon Dieu pour ce pays de la Côte-Nord que vous nous avez donné.

Soyez béni pour le golfe si riche et si beau dont vous l'avez bordé.

Soyez béni pour toutes ces puissantes rivières que vous y avez fait couler.

Soyez béni pour nos lacs, nos plaines et nos montagnes.

Soyez béni de nous avoir associés à vous pour accomplir la perfection de votre création.


Témoignage de Gilles Vigneault

sur Mgr Napoléon-Alexandre Labrie

Texte paru dans l'Église de Baie-Comeau, en supplément à l'Église canadienne, le 3 juin 1993.

Un soir de septembre en 1942, je me retrouvais sur le pont du «Sable Island», un bateau anciennement luxueux qui avait appartenu à un armateur grec avant d'entreprendre sa carrière de caboteur sur la Côte-Nord, avec un voyage à faire chaque semaine entre Montréal et Blanc-Sablon. Je m'en allais étudier. Au séminaire de Rimouski. Le cours classique. J'en avais pour huit ans, à partir de dix mois par année, loin... Oh! très loin de Natashquan natal. Mais quelle chance j'avais! Quel privilège, et cela grâce à un être exceptionnel qui était vicaire apostolique de Labrador : Monseigneur Napoléon-Alexandre Labrie. Il y avait déjà plusieurs années, ce prêtre érudit, cet apôtre de la connaissance, ce visionnaire au grand coeur lui-même issu de la côte-nord, envoyait aux études classiques les enfants de là-bas qui montraient des dispositions à une vocation sacerdotale. Mais je tiens à dire ici que cette seconde possibilité n'était pas une condition qu'il estimait essentielle pour accéder aux générosités de l'Église. Il me le prouva plus tard. Il y avait donc déjà des enfants du Havre Saint-Pierre et d'ailleurs qui bénéficiaient de ce système. Le Révérend Père Hulaud, Eudiste, curé de Natashquan, ayant signalé à Monseigneur Labrie quelques noms d'élèves du village, nous fûmes deux à être choisis. Le fils du télégraphiste, Patrice Vigneault, et moi-même, fils de pêcheur. Nous nous vîmes donc inscrits au séminaire de Rimouski pour septembre. Vu l'excellente septième année que nous avions eu la chance de faire avec notre «maîtresse d'école» Albina Jomphe, je me retrouvai en Élements latins B, ce qui correspondait sensiblement à une huitième année.

Je ne rencontrai vraiment Monseigneur Labrie que quelques années plus tard, alors qu'il m'invita à aller passer les fêtes à Baie-Comeau où il logeait en attendant la construction de l'évêché à Hauterive. C'était en décembre 1947. Là, je pus connaître un peu mieux l'homme qui m'avait permis de faire des études. Un homme discret, très attentif aux autres, mais presque timide, ce qui le rendait intimidant au premier abord. Après quelques jours cependant, je redevins le questionnaire vivant que j'étais au collège. Et ma curiosité finit par tisser entre nous un lien si solide que j'en arrivai à le considérer autant comme un ami que comme un père. De ces souvenirs qui me suivront toujours, je ne raconterai que ceux dont j'ai tiré une leçon particulière ou un enseignement de vie que nulle part ailleurs je n'eusse pu recevoir.

Monseigneur Labrie et son adjoint Monseigneur Bélanger habitaient alors une humble maison, assez grande quand même, sur la rue Champlain à Baie-Comeau. Patrice et moi étions invités là pour les deux semaines de vacances des fêtes. Il ne pouvait être question d'aller chez nous, c'était trop loin et trop cher pour tout le monde en avion. Aussi est-il besoin de dire à quel point nous appréciions de pouvoir quitter le séminaire et les salles de récréation immensément dégarnies de leur foule, où notre ennui des années précédentes s'étendait du réfectoire à la chapelle pour aller rejoindre nos rêves au dortoir désertique.

Nous servions la messe tous les matins dans une petite chapelle aménagée au salon, puis nous allions prendre le petit déjeuner avec «nos monseigneurs» comme disait Délima, une femme merveilleuse qui faisait office de sacristine et de cuisinière et qui montrait à notre égard une patience toute maternelle. Je crois bien que Patrice et moi-même n'avons su apprécier que bien des années plus tard le privilège de vivre ces vacances avec celui qui nous donnait tant et nous demandait si peu en retour. C'est cette année-là que je dus avouer à Monseigneur Labrie combien ma vocation religieuse et mon attrait pour la vie ecclésiastique s'étaient... affadis. Avec un grand soulagement je l'entendis me répondre, d'une voix et d'un ton aussi affectueux et compréhensifs qui si j'eusse été son propre fils : «Mon cher Gilles, faites donc vraiment comme vous voulez... au plus profond de vous-même. Mais, de grâce, faites quelque chose!»

Ces années-là, je faisais partie de la fanfare du collège et j'avais obtenu de Monsieur Charles Morin, le chef de la fanfare, la permission d'apporter avec moi mon instrument. Un piccolo. Un après-midi d'hiver, je me crois seul dans la maison et je prends mon piccolo pour jouer un air. Monseigneur Labrie m'entend depuis son bureau. Il descend. Bien sûr, je cesse de jouer aussitôt. «Mais non, me dit-il, continuez à jouer, c'est bien.» Puis après un moment, il me demanda : vous permettez que je l'essaie? Avec plaisir, je dis. Et voilà Monseigneur qui joue du piccolo comme un virtuose, à ce qu'il me semble du moins. Après quelques airs, il me remet le piccolo : «Tu aurais dû apporter tes partitions. Moi, je jouais plutôt la flûte. Je n'ai pas appris la musique autant que j'eusse aimé. Mais tu dois continuer à travailler. La musique, ça ne vient pas tout seul. Il ne s'agit pas rien que d'avoir du talent. Le talent, c'est un cheval sauvage. Pour le harnacher, il faut du temps.»

J'ai appris plus tard que cet homme jouait également de l'accordéon, mais je n'ai jamais réussi à l'entendre. Quand je le lui dis, cela le fit bien rire et j'en suis resté là pour ma curiosité.

Il parlait couramment le montagnais, l'anglais et l'italien en plus de maîtriser impeccablement le français. Il exigeait d'ailleurs qu'on le parlât sans faute. Et nous relevait le moindre anglicisme. Et m'avait fortement encouragé dans l'intérêt que je montrais pour le latin. Le latin, c'est le solage de la pensée française, aimait-il à dire.

Il avait un phono et des disques, tous classiques comme on pouvait s'y attendre. Il nous a fait connaître Brahms et en particulier la première symphonie dont j'ai toujours le grand thème présent à la mémoire pour l'avoir entendu à souhait pendant ces deux semaines.

«On me dit que vous écrivez des vers... Accepteriez-vous de me les montrer?» me dit-il un jour que la tempête nous tenait tous dans la maison. Je les lui montrai. Il les lut avec beaucoup d'attention, me demanda si j'avais déjà essayé de faire des vers latins et à ma réponse négative me dit : «Continuez d'en faire, pourvu que cela ne vienne pas faire obstacle à vos études, car ce sont toutes vos études qui vous permettront peut-être un jour d'en faire d'aussi beaux que les grands poètes». Je m'en retournai donc au séminaire avec dans ma tête ces paroles de mon protecteur qui eurent le don d'agacer mon professeur de français. Ce dernier m'avais remis un jour ma copie farcie d'alexandrins avec, dans la marge, la note suivante : «Votre composition n'était pas mauvaise, mais les vers que vous y avez mis l'ont gâtée». Ce professeur, on s'en doute, n'était pas l'abbé Georges Beaulieu.

Je dirai pour conclure que cet homme qui m'a permis l'accès au monde de l'écriture écrivait lui-même fort bien et n'écrivait pas pour ne rien dire. Sa Lettre sur la forêt le montre assez, pour ne citer que celle qui fit le plus de bruit à l'époque. Cet homme était un écologiste avant l'heure. Et un visionnaire. En plus d'être un exemple dans sa façon de remplir son ministère, il a toujours montré pour les gloires de ce monde le dédain discret de celui qui n'a pas le souci de rentabiliser ses attitudes. Le monument qu'il a refusé qu'on lui érige n'eût été que du sable après tout. Le souvenir de ce qu'il a laissé à la Côte-Nord continuera de grandir.

Gilles Vigneault


1658 - 1867 l'évêque de Québec
1867 - 1882 Mgr Jean-Langevin
évêque de Rimouski
1882 - 1892 Mgr François-Xavier Bossé
préfet apostolique du Golfe Saint-Laurent
1892 - 1903 Mgr Michel-Thomas Labrecque
évêque de Chicoutimi
administrateur apostolique de la préfecture
1903 - 1916 Mgr Gustave Blanche, C.J.M.
préfet apostolique (1903-1905)
vicaire apostolique (1905-1916)
1917 - 1920 Mgr Patrice Alexandre Chiasson, C.J.M.
vicaire apostolique
1922 - 1938 Mgr Julien-Marie Leventoux, C.J.M.
vicaire apostolique
1938 - 1956 Mgr Napoléon-Alexandre Labrie, C.J.M.
vicaire apostolique (1938-1945)
évêque de Hauterive (1945-1956)
1956 - 1974 Mgr Gérald Couturier
évêque de Hauterive
1974 - 1975 Mgr Laurent Noël
administrateur apostolique
1975 - 1979 Mgr Jean-Guy Couture
évêque de Hauterive
1979 - 1988 Mgr Roger Ébacher
évêque de Hauterive
1989 - 1990 Mgr Maurice Couture
évêque de Baie-Comeau
1990 - 2008 Mgr Pierre Morissette
évêque de Baie-Comeau
2009 - Mgr Jean-Pierre Blais
évêque de Baie-Comeau

Source : Denis Turbis

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