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La formation à la vie chrétienne

L’Assemblée des évêques du Québec publie ces jours-ci un « Document d’orientation pour la formation à la vie chrétienne ». D’emblée, me semble-t-il, tous les pasteurs, tous les agents et agentes de pastorale devraient se sentir concernés par cette publication. N’est-ce pas, en effet, notre tâche première que de former des disciples de Jésus Christ ?

Au cours des dernières années, cette tâche est devenue de plus en plus difficile. Notre société s’est profondément transformée et sécularisée. Les appuis institutionnels sur lesquels nous pouvions compter pour catéchiser les jeunes, notamment l’école, se sont peu à peu affaiblis. Les méthodes qui, pendant un temps, ont pu faire recette auprès des adultes se révèlent aujourd’hui inappropriées. De sorte que l’Église, au Québec, est en période de profond questionnement en regard de sa mission d’annonce de la foi. Quelle direction prendre ? Quoi faire ? Comment le faire ? Dans la situation actuelle, on ne peut répondre à ces questions en proposant uniquement des méthodes ou des recettes. Il faut d’abord une vision de fond qui va nous rendre capables de faire des choix féconds.

La vision que nous propose le document d’orientation pourrait se résumer ainsi : la communion au Christ contribue à l’humanisation intégrale des personnes et de la société. On comprend tout de suite que la formation à la vie chrétienne ne saurait se limiter à la transmission de connaissances, de vérités à savoir. Il s’agit de provoquer la rencontre avec une personne, le Christ, qui permet à la personne de développer pleinement son humanité en faisant « l’expérience de la vie nouvelle de la grâce » (Directoire général de la catéchèse, no. 116). Former à la vie chrétienne, selon cette vision, revient à proposer aux hommes et aux femmes de chez nous un chemin de bonheur et de plénitude. Le document ajoute une précision importante : « Cette orientation ne se cantonne pas dans l’ordre anthropologique ou sociologique, pour tenter ensuite d’y plaquer une référence religieuse. Il s’agit de révéler les dimensions les plus secrètes et profondes de l’expérience humaine personnelle et sociale : l’humain ne s’accomplit pas simplement en lui-même ou par lui-même, mais dans son ouverture à l’Autre qui le tourne vers les autres ».

Dans les semaines et les mois qui viennent, nous aurons à nous parler beaucoup de formation à la vie chrétienne, de catéchèse. Je ne saurais trop vous inviter à lire et à approfondir le document d’orientation dès qu’il sera disponible. Il nous aidera à développer, me semble-t-il, de justes attitudes dans la proposition de la Bonne Nouvelle de Jésus à notre monde. Bonne lecture !

+Pierre Morissette
Novembre 2002


La Journée Missionnaire Mondiale

La seule évocation du mot « mission » renvoie tous les catholiques québécois d'un certain âge à des images bien précises. Parlez-en avec eux: ils se rappellent les petits Chinois qu'ils ont « achetés » à l'Oeuvre de la Sainte-Enfance; ils feront allusion aux missionnaires barbus qui visitaient nos paroisses, à la recherche de soutien pour leurs œuvres, et qui terminaient presque toujours leur sermon en récitant le Notre Père dans une langue étrangère. Pour ces mêmes catholiques québécois, le mot « mission » fait référence à des régions lointaines, à des pays étrangers où la foi chrétienne est absente ou encore en grande difficulté.

Dans son encyclique « Redemptoris Missio » le Pape Jean-Paul II souligne que « le nombre de ceux qui ignorent le Christ et ne font pas partie de l'Église augmente continuellement, et même, il a presque doublé depuis la fin du Concile. » (R.M. no.3) Avec tristesse, il faut bien constater que cela est vrai aussi au Québec. Bien que baptisés pour le plus grand nombre, beaucoup de nos concitoyens ignorent le Christ et ont pratiquement rejeté l'Église. Leur choix de vie, leur style de vie, les valeurs qui les inspirent n'ont souvent plus grand'chose à voir avec la Parole de l'Évangile. Pour les croyants, ces concitoyens sont devenus comme un « pays étranger » dont ils ne connaissent pas bien, à vrai dire, les us et coutumes.

La Journée missionnaire mondiale qui nous invite à prier et à soutenir l'activité missionnaire « ad extra » nous pousse également à réfléchir à notre propre responsabilité missionnaire, ici sur la Côte-Nord. « Nous sommes appelés surtout à témoigner par notre vie notre adhésion totale au Christ et à son Évangile. Oui, on ne doit jamais avoir honte de l'Évangile… Il est nécessaire de continuer à parler, d'élargir les espaces de l'annonce du salut… » (Jean-Paul II, Message pour la journée missionnaire mondiale, 2002) Comment dire l'amour, la miséricorde, le pardon de Dieu? Comment proclamer « la joyeuse nouvelle que Dieu nous aime et qu'Il nous veut tous unis dans son amour miséricordieux »? (idem) Voilà qui doit être pour nous une préoccupation constante.

Comment faire? Voilà sans doute la première question qui nous vient aux lèvres. La réponse qui me vient est tout simplement celle-ci: faire comme tous ces missionnaires que nous avons connus et admirés, partir, quitter ce pays que nous connaissons, le pays de la chrétienté, pour entrer dans le « pays étranger » des us et coutumes de nos concitoyens. Il nous faut apprendre leur « langue », entrer dans leur culture. Et pour cela, il nous faut abandonner certaines façons de faire et de voir qui nous sécurisent peut-être, mais qui ne parlent plus aux gens de chez nous.

« Allez » disait Jésus à ses disciples. Ils sont partis, ils se sont mis en route, ils sont entrés dans des villages inconnus. A nous aussi, il dit: « Allez ». Il nous appelle à partir, à nous mettre en route, à sortir de ce que nous connaissons pour affronter l'inconnu d'un monde nouveau à qui le Seigneur veut faire connaître son Amour. Ce n'est qu'à ce prix que notre Église peut devenir missionnaire.

+Pierre Morissette
Octobre 2002


Dans un souci de continuité

L’été 2002 tire à sa fin, les vacances sont choses du passé et déjà nous nous remettons à la tâche pour une autre année pastorale. De quoi cette année sera-t-elle faite ? En toute simplicité, je dirai simplement que nous allons reprendre là où nous avons laissé.

L’an dernier, dans l’Église de Baie-Comeau, nous avons entrepris deux grands chantiers. Le premier touchait l’initiation chrétienne et l’éducation de la foi. Dans le contexte scolaire modifié qui est le nôtre, il faut de toute évidence poursuivre le travail déjà commencé. L’équipe diocésaine vous visitera, cet automne, dans le cadre d’une tournée des zones pastorales, pour vous écouter et aussi pour partager le fruit de ses réflexions. Nous voulons former des disciples du Christ, nous sommes-nous dit. Comment le faire dans la société qui est la nôtre ? Il n’y a sans doute pas de réponse unique à cette question. Mais, chose certaine, il faut interroger et revoir nos façons de faire avec lucidité et courage. Comme l’apôtre Philippe conduit Nathanaël à Jésus (Jn 1, 45-51), il faut nous demander comment aujourd’hui nous pouvons conduire nos frères et sœurs à ce même Jésus et faire naître en eux le désir de le suivre pour la durée de leur vie.

Le second chantier mis en œuvre l’an dernier touchait l’animation des communautés chrétiennes. Nous connaissons bien le contexte qui est le nôtre : diminution constante du nombre de prêtres, départ progressif des religieuses responsables de paroisse, difficultés financières des petites paroisses qui sont incapables d’assurer le salaire d’un agent ou d’une agente de pastorale. Nous inspirant des réflexions de Mgr Rouet, évêque de Poitiers, nous avons commencé, dans quelques paroisses, la mise en place d’équipes paroissiales responsables de l’animation de la communauté. Cette approche suscite beaucoup d’intérêt dans les paroisses où elle a été présentée… en même temps que des insécurités et des inquiétudes. L’équipe diocésaine va poursuivre ce travail d’implantation tout au long de l’année dans un certain nombre de paroisses ; elle fera, en même temps, un travail d’information dans l’ensemble du diocèse.

Depuis environ deux ans, nous avons également beaucoup parlé de l’importance de développer la dimension missionnaire de notre Église. La Journée mondiale de la Jeunesse qui a été célébrée à Toronto ouvre, me semble-t-il, une grande porte à la mission auprès de jeunes adultes de la Côte-Nord, 85 jeunes de chez nous ont vécu l’aventure de Toronto ; ils sont revenus enthousiastes ; ils ont le goût de se revoir, de faire ensemble des choses. D’autres jeunes espéraient se rendre à Toronto ; ils n’ont pas pu… particulièrement pour des raisons de travail. Voilà du bien beau monde à rassembler pour la poursuite d’une belle aventure. Déjà, des gens s’affairent à la tâche pour faire grandir la semence qui a été jetée en terre, cet été.

En ce début d’année pastorale, je me tourne vers le Seigneur pour lui présenter les projets diocésains aussi bien que ceux qui verront le jour dans chacune de vos communautés paroissiales et aussi dans les différents mouvements. Qu’Il nous bénisse et qu’Il fasse de nous des témoins pleins de foi, d’espérance et de charité.

Bonne année pastorale 2002-2003 !

+Pierre Morissette
Septembre 2002


« Dieu fidèle, ton alliance continue ses merveilles; pour que nous sachions les voir, ouvre nos cœurs. »

Cette prière du bréviaire m'invite à jeter un regard sur l'année pastorale qui s'achève et à relever les « merveilles » que l'Esprit de Dieu a continué de réaliser en notre Église de la Côte-Nord. Notre revue diocésaine en a parlé tout au long de l'année.

La sécularisation de notre société et l'appauvrissement de notre Église dans plusieurs aspects de sa vie obligent évidemment à des révisions importantes de notre action pastorale. Nous avons amorcé au cours de l'année deux visages importants qu'il faudra continuer dans les années à venir. Le premier concerne l'initiation chrétienne et la catéchèse des jeunes. La place plus réduite faite à la religion à l'école qui est un fruit de la sécularisation invite les paroisses à réajuster leur tir. Comment transmettre la foi aux jeunes générations? Comment former de nouveaux disciples du Christ? Questions difficiles sur lesquelles nous avons amorcé une sérieuse réflexion. Nous devons continuer à nous en parler. Le projet « Passages » y sera sans doute d'un grand secours.

Nous avons également travaillé fort dans la recherche de manières neuves d'assurer l'animation des communautés chrétiennes. La présentation du « projet Rouet » dans la zone I suscite de grands espoirs. Des chrétiens et des chrétiennes se découvrent responsables de l'annonce de l'Évangile dans leur milieu. N'est-ce pas une authentique merveille du Seigneur?

Autre merveille: toute l'énergie déployée par l'équipe diocésaine de préparation de la Journée mondiale de la Jeunesse. Une centaine de jeunes de chez nous sont engagés dans l'aventure, cherchant réponse dans l'Évangile aux grandes questions qui les habitent. Nous aurons la chance également d'accueillir des jeunes d'une autre Église qui viendront vivre et prier avec nous pendant quelques jours avant de se rendre à Toronto.

Il y a encore toutes ces merveilles de Dieu qui se réalisent quotidiennement par le travail généreux des prêtres, des diacres, des religieux, religieuses, agents et agentes de pastorale; merveilles qui se réalisent encore par l'engagement des centaines de bénévoles et encore par le travail des secrétaires et du personnel administratif. Ces merveilles prennent le nom d'accueil, d'écoute, de respect, d'accompagnement, etc. A travers tout cela, Jésus parle et agit en notre monde.

A la fin de cette année pastorale, il me semble juste et bon de rendre grâce au Seigneur pour toutes les merveilles qu'Il accomplit sur la Côte-Nord de bien des manières. Prenons le temps de les contempler en redisant: « Dieu fidèle, ton alliance continue ses merveilles; pour que nous sachions les voir, ouvre nos cœurs ».

Bonnes vacances,

+Pierre Morissette
Juin 2002


« Être témoin de Jésus ne va pas de soi. »

Dans la primitive Église, le Carême était pour les catéchumènes qui aspiraient au baptême le temps de la préparation ultime et le temps de décision. Après la veillée pascale, les nouveaux baptisés commençaient à vivre à part entière dans la communauté des disciples de Jésus et, avec leurs frères et sœurs, ils étaient appelés à témoigner de la personne de Jésus. Que ce soit dans le monde juif ou dans le monde païen, ce témoignage exigeait beaucoup de courage. Les chrétiens rencontraient souvent la moquerie et l’hostilité.

Le temps pascal où nous entrons nous rappelle notre devoir de témoignage. Nous sommes invités à porter la lumière qui nous a éclairés dans la nuit pascale. Mais, tout comme les premiers chrétiens, nous le faisons dans un monde qui a bien d’autres dieux et qui entend bien d’autres messages que celui de l’Évangile. Nous sommes appelés à témoigner dans un monde souvent indifférent, parfois hostile lui aussi.

Être croyant, être témoin de Jésus dans le monde d’aujourd’hui ne va pas de soi. Être témoin, c’est d’abord nommer celui en qui l’on croit. Ceux et celles qui s’y essaient trouvent souvent la partie difficile : pour un jeune de l’école secondaire, pour un travailleur d’usine, pour un fonctionnaire, il y a des risques à se dire croyant et pratiquant, risque de rejet et de moquerie. Beaucoup de nos contemporains veulent bien être croyants mais à la condition que cela ne change rien. On croit, mais on se dépêche de dire que l’on ne pratique pas… comme si cela permettait de rester dans une zone de sécurité où les risques sont de beaucoup diminués. Être témoin, c’est encore refuser certains modes, certains styles de vie qui ne sont pas conformes à l’Évangile et que notre société nous offre à plein étalage. Refuser, mais sans tomber dans le mépris de notre société : il faut aimer ce monde dans lequel nous vivons et apprendre à en découvrir les richesses qui sont pierres d’attente pour l’Évangile et les pauvretés qui sont en contradiction avec la Bonne Nouvelle.

Dans les célébrations de confirmation, je questionne souvent les jeunes sur les fruits de l’Esprit. Il en est un sur lequel on insiste peu, mais qui semble si important pour notre époque : c’est le fruit de la foi. En effet, comment être croyant authentique, vrai témoin de Jésus dans notre monde sans l’assistance de l’Esprit de Dieu ? J’en fais mon souhait pour ce temps pascal : que l’Esprit produise en nous le fruit de la foi ! Ainsi nous aurons le courage de porter témoignage de Jésus ressuscité pour la vie et l’espérance du monde !

+Pierre Morissette
Avril 2002


Le Carême… un temps
pour refaire la communion

On a beau dire que le Carême n'est plus ce qu'il était, il reste un moment très important de la vie chrétienne. Si beaucoup de chrétiens-nes en parlent pour rire ou se scandalisent des observances légalistes d'autrefois, nombreux sont ceux et celles pour qui le Carême garde une signification toute spéciale. Beaucoup de baptisés-es prennent encore des « résolutions de Carême ». Ainsi, on va décider de se priver de quelque chose: dessert, boisson, cigarettes, etc. ; d'autres vont prendre la résolution de prier davantage ou de participer plus régulièrement aux liturgies dominicales. Ces personnes inscrivent dans leur vie deux des grands moyens de conversion qui nous sont suggérés au début du Carême, à savoir le jeûne et la prière. Elles veulent ainsi changer quelque chose dans leur vie; se défaire d'une habitude néfaste, faire un pas en avant dans leur croissance personnelle, se rapprocher du Seigneur. Tout cela rejoint bien le sens du Carême, même s'il faut reconnaître que les « résolutions de Carême » ont parfois besoin d'être « christianisées », c'est-à-dire d'être situées dans l'optique d'une conversion durable qui va continuer à marquer la vie après les quarante jours du Carême.

Un troisième moyen de perfection, outre le jeûne et la prière, nous est suggéré au début du Carême. Il s'agit de l'aumône. Cela nous rappelle que le Carême doit être aussi un temps de croissance communautaire. Impossible de se rapprocher de Dieu sans se rapprocher de ses frères et sœurs. On peut le faire par le partage des biens matériels, par des dons d'argent. Développement et Paix nous y invite. Mais on doit le faire aussi par la recherche d'une communion plus forte entre nous. Dans mes visites pastorales, dans les diverses rencontres que j'ai l'occasion d'animer, je suis souvent frappé par la profondeur des divisions qui existent un peu partout: chicane de familles, esprit de clocher, esprit de clan, préjugés. Tout cela engendre beaucoup de hargne et de souffrances. Se convertir en temps de Carême, c'est aussi faire effort pour éliminer ce qui brise la communion entre nous. Il faut sans doute penser à se faire, entre nous, l'aumône du pardon et de la réconciliation. Ainsi nous serons véritablement témoins de Jésus qui a prié pour que nous soyons un.

+Pierre Morissette
Mars 2002


Les revendications territoriales

Au cours des dernières semaines, la question des revendications territoriales des Innus de la Côte-Nord et du Labrador a refait surface. Les interventions successives de certains leaders autochtones et de porte-paroles d'un groupe de citoyens de Sept-Iles ont fait la manchette. Le ton de ces déclarations ont inquiété un certain nombre de nos concitoyens. Et déjà, j'ai été interrogé sur la position de l'Église face à ces questions. Quel type d'intervention pouvons-nous faire dans ce dossier? Quelle parole pouvons-nous tenir?

En 1992, à la suite de la crise d'Oka, le Comité de pastorale auprès des autochtones de l'Assemblée des évêques du Québec avait publié un excellent document intitulé: « Les premières nations au Québec ». Il vaut la peine d'y revenir dans la situation présente.

Les évêques affirment très clairement la nécessité de reconnaître les droits des autochtones. « La reconnaissance légale de leurs droits n'est pas seulement le premier pas vers une solution juste et durable, mais la garantie de cette solution » (no.20). Et ils continuent: « Parmi les revendications fondamentales des peuples autochtones, il faut signaler avec force celle du droit à l'auto-détermination sur leur propre territoire ». A ce sujet, ils rappellent une intervention importante du Pape Jean-Paul II faite à Yellowknife le 18 septembre 1984. « Pour vous, disait alors le Pape aux autochtones, une base territoriale dotée de ressources suffisantes est également nécessaire, afin de développer une économie viable pour les générations présentes et futures. Vous devez également être en mesure de mettre en valeur vos terres et votre potentiel économique d'éduquer vos enfants et de planifier votre venir ». Comme tout autre peuple, les Innus de la Côte-Nord, pour assurer leur développement, ont besoin d'une base territoriale significative.

Cela dit, les évêques rappellent que autochtones et allochtones sont conviés à construire ensemble un monde meilleur. Cela est particulièrement vrai sur la Côte-Nord où les relations entre la population innu et la population blanche ont de longues racines. Construire ensemble sera possible à trois conditions. Il faut tout d'abord mettre de côté le paternalisme. Deuxièmement, construire ensemble sera possible si « les autochtones et les allochtones sont des partenaires égaux dans un projet global commun. Les premiers ne sont pas des mineurs par rapport aux seconds et les seconds ne doivent pas devenir des citoyens de seconde classe par rapport aux premiers… les parties concernées ne doivent pas se contenter de considérer leurs droits; elles doivent surtout prendre une conscience aigüe de leurs responsabilités ». (no.26). Enfin, troisièmement, il faut que « les relations soient marquées par le respect mutuel, le maintien de l'identité des parties concernées, l'acceptation des différences et le désir de réaliser un projet qui servira à l'épanouissement collectif. » (no.27)

Certaines personnes ont souhaité, de la part du gouvernement, une meilleure information et une plus grande transparence dans la marche des négociations. L'adoption d'une telle ligne de conduite apparaît nécessaire pour éviter que, dans la population, la question des revendications territoriales ne soit considérée que sur la base des émotions. Une information objective apparaît essentielle.

J'invite donc les chrétiens et les chrétiennes à résister à la tentation des préjugés et à rechercher une information claire sur ces questions. Je les invite également à inclure dans leur prière ce souci d'un monde meilleur que nous avons à bâtir sur la Côte-Nord, innus et blancs tous ensemble.

+Pierre Morissette
Janvier 2002


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