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Tous responsables

Il est des moments dans la vie où l'on a l'impression d'assister, de participer à un événement qui marque un tournant important. J'ai vécu personnellement l'un de ces moments à l'occasion du ressourcement diocésain des 7 et 8 novembre. En entrant dans la salle, j'ai été surpris par le nombre de nouveaux visages qui participaient à cette rencontre annuelle; aux prêtres, aux agents et agentes de pastorale se joignaient de nombreux membres des équipes locales. Et j'ai eu la sensation que notre Église était en train de changer de visage, de prendre une couleur neuve. Notre Église ne meurt pas, contrairement à ce que pensent bien des gens; elle se transforme. Elle fait un pas dans la direction que nous indiquait, il y a 40 ans, le Concile Vatican II. « Les laïcs, réunis dans le peuple de Dieu et constituant un seul Corps du Christ sous un seul chef, sont appelés, quels qu'ils soient, à coopérer comme des membres vivants au progrès de l'Église et à sa sanctification permanente en y appliquant toutes les forces qu'ils ont reçues du bienfait du Créateur et de la grâce du Rédempteur. » (L.G. no 33)

Ce modèle du « tous responsables » n'est pas facilement compréhensible dans la société de marché et de services publics qui est la nôtre. Dans le monde de l'économie, l'on retrouve des vendeurs et des clients; dans le monde des services publics, ce sont des dispensateurs de services et des bénéficiaires. La tendance toute naturelle est de transposer ce modèle à l'Église et d'agir comme s'il y avait d'une part des vendeurs et des dispensateurs de services religieux et, d'autre part, des consommateurs ou des bénéficiaires de ces mêmes services. L'Église se présente tout autrement; elle est une communauté dont les membres portent, tous ensemble, la même mission, même si tous ne font pas la même chose. Cette mission ecclésiale consiste à annoncer au monde la Bonne Nouvelle du salut apporté par Jésus-Christ. Tous les chrétiens, en vertu de leur baptême et de leur confirmation, sont responsables de cette annonce. « Les laïcs, ajoute le Concile, sont appelés par-dessus tout à rendre l'Église présente et agissante en tout lieu et en toute circonstance où elle ne peut devenir le sel de la terre que par leur intermédiaire. Ainsi, tout laïc, en vertu des dons qu'il a reçus, est le témoin et, en même temps, l'instrument vivant de la mission de l'Église " selon la mesure du don du Christ " (Eph.4,7).» (L.G. no 33)

Ailleurs, le Concile dira que les laïcs ont mission d'éclairer et d'orienter les réalités temporelles selon l'Évangile. Mais leur responsabilité ne s'arrête pas là. Ils « peuvent également être appelés, de diverses manières, à collaborer plus immédiatement à l'apostolat de la hiérarchie, à l'instar des hommes et des femmes qui aidaient l'apôtre Paul à évangéliser, et peinaient beaucoup dans le Seigneur (Phil. 4,3; Rom. 16,3 ss) » (L.G. 33). C'est précisément ici que se situe l'action des équipes locales, dans une collaboration directe au travail d'évangélisation.

Notre Église se transforme petit à petit… le virage s'amorce. Cela fait du bien à voir! Que cela nous encourage à redire à tous les baptisés, à tous les confirmés leur responsabilité dans l'annonce de la Bonne Nouvelle.

+Pierre Morissette
Décembre 2005

L'Eucharistie, rencontre d'amour

Au moment où s'achève l'année de l'Eucharistie et où se tient à Rome le Synode des évêques sur « L’Eucharistie, source et sommet de la vie et de la mission de l'Église », je me sens interpellé par la désaffection qui touche ce sacrement dans notre Église. Comment expliquer que tant de baptisés, qui se disent croyants, ne sentent aucun besoin d'y participer? Comment expliquer que beaucoup d'enfants qui font la première communion en arrivent à penser qu'ils n'ont plus besoin d'y revenir? La première communion apparaît comme une étape dans leur croissance et, une fois cette étape franchie, il n'est plus nécessaire de recommencer. On a l'impression que tout se passe comme dans un cours de judo; on va d'une ceinture à l'autre, dans une progression constante.

L'Eucharistie est un mystère d'amour. Dans ce sacrement, Jésus se donne à nous totalement. « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime. » L'être humain est ainsi fait qu’il veut être le plus souvent possible en compagnie de l'être aimé. Il reste donc à conclure que beaucoup de baptisés, et parmi eux la grande majorité des enfants qui font la première communion, n'ont pas rencontré dans ce sacrement le Christ qui nous aime, qui est tendre et miséricordieux. Pourquoi alors ce besoin d'inscrire l'enfant à la première communion? Pourquoi cette participation très rare de nombreux croyants à l'Eucharistie? Peut-être tout simplement parce que l'Eucharistie, comme les autres sacrements d'ailleurs, est perçue comme un moyen de garder un lien avec l'institution-Église, qui gère, à leurs yeux, les relations avec Dieu. On connaît le peu d'attrait de notre société pour les institutions; elles apparaissent au mieux comme un mal nécessaire et l'idéal est de réduire les relations au minimum avec elles. Personne d'entre nous, bien honnêtement, n'entretient de relation affective avec la SAAQ ou tout autre compagnie d'assurance. Nous les estimons pour la protection qu'elles nous apportent. N'est-ce pas ce qui se passe dans la vie de beaucoup de baptisés qui ont réduit la relation à Dieu à une relation d'affaire, une relation d'intérêt dont la gérance relève de cette institution qui s'appelle l'Église?

Si cette analyse est juste, cela nous pose de « sacrées » questions. Comment en sommes-nous arrivés là? Mais surtout, comment en sortir? Comment faire découvrir aux enfants qui demandent la première communion et peut-être davantage à leurs parents que l'Eucharistie est mystère et rencontre d'amour? Cela nous invite à nous interroger sur notre manière de parler du Christ et de le présenter. Il n'y a certes pas de solution facile à ce problème. Mais cette interrogation constitue une autre invitation à creuser notre priorité pastorale.

+Pierre Morissette
Novembre 2005

Accueillir l'amitié du Christ

Une nouvelle année pastorale s’ouvre devant nous. Au plan des activités, elle sera sans doute assez semblable à celle qui a précédé : réunions multiples, animation de sessions et de rencontres de prière, préparation aux sacrements, célébrations liturgiques, accompagnement personnel, etc. Les questions concernant la mise en place de la catéchèse en paroisse et de la constitution des équipes locales continueront de nous occuper. Peut-être quelques imprévus au plan matériel viendront-ils troubler quelque peu un programme qui, autrement, semble déjà bien arrêté.

Allons-nous pour autant entreprendre cette année avec ce que j’appellerais « l’esprit de Qohélet », un esprit de lassitude? Nous connaissons bien cet esprit : « Vanité des vanités, tout est vanité. Quel profit trouve l’homme à toute la peine qu’il prend sous le soleil? Un âge va, un âge vient, mais la terre tient toujours. Le soleil se lève, le soleil se couche, il se hâte vers son lieu et c’est là qu’il se lève… Ce qui fut, cela sera, ce qui s’est fait se refera, et il n’y a rien de nouveau sous le soleil! » (Qo, 1, 2-5, 9). La lassitude de Qohélet est liée à son impression de toujours revivre les mêmes choses, de tourner en rond. Seul un regard neuf permet de briser le cercle.

Dans son discours d’accueil aux jeunes venus le rencontrer à Cologne, Benoît XVI a prononcé une phrase magnifique, inspirante. « Chers jeunes, leur a-t-il dit, le bonheur que vous cherchez, le bonheur auquel vous avez le droit de goûter a un nom, un visage : celui de Jésus de Nazareth, caché dans l’Eucharistie… Celui qui laisse entrer le Christ dans sa vie ne perd rien, rien, absolument rien de ce qui rend la vie libre, belle et grande. Non! Ce n’est qu’avec cette amitié que s’ouvrent en grand les portes de la vie. Ce n’est qu’avec cette amitié qu’on déverrouille réellement les grandes potentialités de la condition humaine. Ce n’est qu’avec cette amitié que nous faisons l’expérience de ce qui est beau et de ce qui libère. »

Voilà qui nous offre un regard autre. Prêtres, agents, agentes de pastorale, bénévoles engagés en paroisse ou dans un mouvement, croyants, croyantes, nous avons à proposer le bonheur qui découle de l’amitié avec le Christ. Notre responsabilité consiste à mettre en contact avec le Christ, à aider à entrer dans le mystère du Christ. Nous allons, au cours de l’année qui vient, reprendre, répéter en bonne partie les mêmes activités que l’année dernière. Efforçons-nous d’y introduire un regard neuf. Je préside des funérailles, je bénis un mariage, je rencontre un groupe de pastorale... autant d’occasions d’inviter des personnes à accueillir l’amitié du Christ et à entrer dans son mystère! Nous sommes alors très loin de la routine et de l’esprit de Qohélet.

+Pierre Morissette
Septembre 2005

L'Eucharistie, formule de vie

" Seigneur, donne-nous de ce pain-là ". Cette phrase de l'Évangile de saint Jean, tout à fait ajustée à l'année de l'Eucharistie, nous rappelle la grande faim qui habite le cœur de l'être humain. Nous sommes à la recherche d'une plénitude qui va combler totalement les manques et les vides que nous ressentons en nous-mêmes. Dans cette recherche, nous nous égarons souvent; nous empruntons des chemins qui ne mènent nulle part. Le Christ, lui, nous offre le pain qui rassasie pleinement, comble totalement. Et ce pain, c'est Lui-même. " Je suis le pain de vie. Qui vient à moi n'aura jamais faim; qui croit en moi n'aura jamais soif. " (Jn 6, 35)

Ce pain de vie, nous le recevons dans l'Eucharistie. Sous les espèces du pain et du vin, nous accueillons en nous le Christ. Tout cela nous est bien connu. Mais prenons tout de même le temps de nous arrêter et de contempler ce " mystère ". Que faisons-nous quand nous communions?

Nous accueillons en nous tout le Christ, c'est-à-dire son Corps et son Sang, mais aussi ce qu'Il nous a dit, son enseignement, les exemples de vie qu'il nous a donnés. En mangeant le Corps et le Sang du Christ, nous disons devant le monde entier notre accord avec Jésus sur toute la ligne, nous disons notre volonté de suivre le chemin qu'Il a tracé.

Accueillant en nous Jésus, Fils de Dieu, nous devenons un Temple vivant de Dieu. Nous portons Dieu au cœur du monde. Et cela a des conséquences. Notre agir doit devenir " divin ", semblable le plus possible à celui de Dieu. Notre Dieu, disent les prophètes, est un " Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d'amour et de fidélité. " (Ex 34, 6) Il nous faut viser à refléter extérieurement Celui qui nous habite intérieurement.

Dans sa dernière lettre aux prêtres pour le Jeudi-Saint 2005, le pape Jean-Paul II leur disait ceci: " Les paroles de l'Institution de l'Eucharistie doivent être pour nous non seulement une formule de consécration, mais aussi une formule de vie. " Ainsi en est-il de tout chrétien, de toute chrétienne qui communie au Corps et au Sang du Christ. Ce geste n'est pas pure dévotion au Seigneur, mais engagement à sa suite, entrée dans une vie nouvelle, une vie autre qui, comme celle du Christ Jésus, est marquée par la recherche de la volonté du Père et le service de nos frères et de nos sœurs.

Que ce congrès diocésain vous aide à creuser le sens de l'Eucharistie; qu'il vous aide à aimer davantage ce don d'une valeur incalculable que nous a laissé le Christ. Oui, Seigneur, donne-nous de ce pain-là.

+Pierre Morissette
Juin 2005


Message à l’occasion du Congrès diocésain du Renouveau Charismatique tenu le 4 juin 2005 à Sept-Iles.


Les missionnaires passent…

Un pape, Jean-Paul II, s’est en allé. Il a tout donné au service de l’Église, jusqu’à son dernier souffle. Il a marqué cette Église par ses talents hors du commun, par son charisme auprès des foules, par les grands projets dans lesquels il l’a entraînée presque sans arrêt, et aussi par son exemple d’une vie entièrement tournée vers le Seigneur. Un autre pape est venu, Benoît XVI, très différent de son prédécesseur. Nous le connaissons beaucoup moins bien; nous ne savons pas comment il se comportera dans la tâche immense qu’il a courageusement acceptée. Le jeu des comparaisons entre les deux hommes marche à plein, de même que les analyses sur la direction que prendra ce pontificat. Ce passage important pour notre Église m’inspire quelques réflexions.

Il est évident tout d’abord que, qui que nous soyons, nous donnons une couleur particulière à notre rôle de pasteurs, d’agents ou d’agentes de pastorale. Notre personnalité, nos charismes, nos talents déteignent sur notre tâche; avec l’éducation reçue, les expériences vécues, ils influencent aussi nos visions et nos choix pastoraux. Voilà pourquoi on retrouve dans l’Église des approches pastorales diverses. La tentation, bien connue, pour chacune de ces tendances, est de « canoniser » les choix que sont les siens.

Le départ de Jean-Paul II et l’arrivée de Benoît XVI nous rappellent que la mission nous dépasse. Nous passons… la mission continue! Notre personnalité, nos choix pastoraux sont des outils que l’Esprit Saint utilise pour la mission à un moment précis de l’histoire. Nous sommes de simples instruments au service d’une réalité qui nous dépasse. Nous sommes de passage au service de la mission; l’auteur permanent est l’Esprit Saint et les chemins qu’Il emprunte sont souvent bien mystérieux.

J’en tire la conclusion qu’il nous faut, dans le travail d’évangélisation, beaucoup d’humilité. Il est certes légitime et même nécessaire de faire des choix pastoraux, de prendre telle direction plutôt que telle autre. Mais, en même temps, il nous faut garder au cœur la question : « Est-ce bien dans cette direction que l’Esprit Saint nous invite à aller? » Il nous faut constamment chercher le chemin qu’Il nous indique. D’où le besoin d’esprit critique par rapport à ses propres choix; d’où le besoin de se remettre en question, d’évaluer et d’ajuster. La démarche apparaît certes difficile. Elle n’est possible, en vérité, qu’en communauté d’Église, à l’écoute les uns des autres et à l’écoute ensemble de l’Esprit Saint dans la prière.

+Pierre Morissette
Mai 2005


Reste avec nous, Seigneur

Les disciples d'Emmaüs, après avoir longuement cheminé avec Jésus, après lui avoir partagé leur tristesse devant les événements survenus à Jérusalem, après avoir entendu la catéchèse qu'il leur donne, sentent le besoin de prolonger cette rencontre qui leur fait tellement de bien. "Reste avec nous, Seigneur". "Ce dernier répondit par un don beaucoup plus grand: il trouva le moyen de demeurer « en » eux par le sacrement de l’Eucharistie." (1)

Cléophas et son compagnon voulaient demeurer en communion avec cet étranger en qui, bien tardivement, ils reconnaîtront le Seigneur ressuscité. Par l'Eucharistie, le Seigneur répond à leur attente. En effet , "recevoir l'Eucharistie, c'est entrer en communion profonde avec Jésus." (2)

Entrer en communion profonde avec Jésus… qu'est-ce à dire? Cela signifie que recevoir l'Eucharistie, ce n'est pas simplement consommer une hostie, ce n'est pas un geste banal, ce n'est pas un geste que l'on pose automatiquement sans réfléchir quand on participe à la messe. Recevoir l'Eucharistie, c'est accueillir en soi-même tout ce qu'est Jésus: son Corps et son Sang présents sous les espèces du pain et du vin, mais aussi sa Parole, ses enseignements, ses manières d'être, ses attitudes avec les personnes. Recevoir l'Eucharistie, c'est accepter d'aimer à la manière de Jésus; c'est accepter de pardonner comme Lui l'a fait à ceux qui le torturaient; c'est prendre soin de ceux et de celles qui souffrent ou sont méprisés comme Lui l'a fait; c'est rechercher en tout la volonté du Père comme Il nous en a donné l'exemple.

Recevoir l'Eucharistie constitue un geste engageant, car entrer en communion profonde avec Jésus, c'est prendre le risque de devoir changer. Communier à Jésus entraîne, en effet, dans un processus de changement continu, de conversion qui amène à refléter de plus en plus le visage de Jésus, à devenir saint comme Lui-même est saint.

Quand nous nous approchons de la table eucharistique, sommes-nous prêts à courir ce risque? Sommes-nous prêts à nous investir? Question sérieuse qu'il faudrait sans doute nous remettre en mémoire régulièrement si nous voulons que Jésus reste en nous!

+Pierre Morissette
Avril 2005


(1) Lettre Apostolique "Mane nobiscum, Domine" #19
(2) Idem


Un moment délicat de notre histoire

L’histoire a voulu que deux peuples, le peuple innu et le peuple québécois, se retrouvent côte à côte sur la Côte-Nord. Personne ne contestera le droit de ces deux groupes de vivre chacun selon sa culture et de s’épanouir au plan économique et social. Encore faut-il que chacun ait les instruments nécessaires pour le faire.


Dans la poursuite de cet objectif, à cause particulièrement des revendications des Innus, a surgi la question complexe de l’utilisation du territoire et du partage des richesses naturelles. Après bien des années de discussions et de tergiversation, le Gouvernement du Québec a proposé le projet de « l’approche commune ». C’est un projet ambitieux qui a eu le mérite jusqu’à maintenant de réunir autour d’une même table la majorité des parties intéressées. Il a aussi soulevé, chez certains groupes de citoyens, des réactions très virulentes.

Ces questions de partage de territoire entre peuples voisins ne sont jamais très faciles. Les tensions sont inévitables à cause, entre autres, des intérêts divergents de chacun et de l’interprétation différente de l’histoire faite par chacun. Regardons simplement la situation tendue entre Juifs et Palestiniens ; pensons aux tensions entre Serbes et Croates, entre Serbes et Albanais, entre Flamands et Wallons. On ne s’étonnera donc pas qu’il y ait, ici aussi, des tensions palpables . Nous en sommes à un moment délicat de l’histoire de la Côte-Nord.

Comme chrétiens, comme chrétiennes, comment nous situer dans ce débat ? Je vous propose quelques points de repère susceptibles d’alimenter votre réflexion.

1) Les deux peuples, le peuple innu et le peuple québécois, sont établis sur la Côte-Nord et y demeureront encore longtemps, côte à côte. Le Territoire immense est capable d’accommoder les deux groupes, sans difficulté. L’objectif ultime est qu’ils vivent dans l’harmonie, la paix et le respect mutuel. Cela ne pourra se produire qu’à travers des négociations faites de bonne foi, même si elles sont parfois difficiles. Il nous faut donc encourager nos élus, d’un côté comme de l’autre, à s’investir honnêtement dans ces négociations.

2) Il faut chercher à s’informer sur les projets qui font l’objet de discussion. Et à ce niveau, il faut souhaiter que l’information circule librement, qu’elle soit présentée de façon accessible à l’ensemble des citoyens, ce qui n’a pas toujours été le cas jusqu’à maintenant.

3) En fidélité à l’esprit de l’Évangile, il nous faut lutter contre les préjugés qui circulent, ces demi-vérités, ces généralisations, ces approximations grossières qui finissent toujours par donner de l’autre une image négative.

4) Cette question doit aussi faire partie de notre prière. Notre Dieu est le Dieu de la vie, de l’unité, de la paix ; voilà ce que à sa suite, il nous faut promouvoir par nos actions et nos engagements et demander dans notre prière.

+Pierre Morissette
Mars 2005


La question de mariage

Depuis déjà un bon moment, le débat sur le mariage des personnes de même sexe se poursuit au Canada. La réponse de la Cour Suprême au renvoi du Gouvernement fédéral de même que la perspective du dépôt d'un projet de loi à la Chambre des communes lui ont insufflé une nouvelle vigueur. La position de l'Église catholique est bien connue ; elle se porte à la défense de la définition traditionnelle du mariage, i.e. l'union stable entre un homme et une femme à l'exclusion de tout autre personne. M'inspirant de cette position, je vous propose quelques commentaires sur cette question dont nous entendrons abondamment parler au cours des prochains mois.

A. Élargir le regard

Jusqu'à maintenant, le gouvernement fédéral et un bon nombre de gouvernements provinciaux n'ont étudié cette question que du point de vue légal. Interpellés en rapport à la Charte canadienne des droits et en rapport au droit à l'égalité, les juges de différentes instances ont déclaré inacceptable du point de vue de la Charte, la définition traditionnelle du mariage. Certains ont même ordonné à des juridictions provinciales de modifier immédiatement les lois matrimoniales en vigueur pour permettre le mariage des conjoints de même sexe. La province d'Ontario a été la première à devoir aller dans ce sens. Or il y a là, me semble-t-il, du point de vue démocratique un enjeu important. Est-il acceptable qu'un seul jugement de cour en arrive à modifier la définition, et par là la signification, d'une institution sociale aussi fondamentale que le mariage ? Dans une transformation sociale aussi importante, il me semble bien imprudent de ne considérer que l'aspect juridique. Il faudrait, me semble-t-il, s'interroger longuement sur les conséquences sociales à plus long terme d'un tel changement : par exemple, les conséquences pour les enfants (1), les conséquences sur la conception du mariage dans la société canadienne, etc. Le gouvernement fédéral devrait, dans cette perspective, se donner du temps pour écouter la population canadienne et tenter de bien mesurer les impacts d'un tel changement de définition.

B. Éviter la confusion

Le but de tout ce débat est d'affirmer l'égalité des personnes homosexuelles et hétérosexuelles en regard du mariage. Mais pour pouvoir affirmer cela, il faut changer la définition du mariage et en modifier les buts. D'un point de vue "traditionnel", les buts du mariage sont le soutien mutuel des époux et la procréation; l'idée que les époux, homme et femme, ne font plus qu'un, prend alors tout son sens à cause de la complémentarité des sexes. Pour accommoder la demande de droit à l'égalité des personnes homosexuelles en regard du mariage, il devient évident qu'il faut modifier cette approche et ne retenir comme élément important du mariage que la relation affective entre deux personnes. Ce faisant, on entre, me semble-il, dans la confusion. On affirme que l'union entre deux personnes homosexuelles et l'union entre deux personnes hétérosexuelles sont une même réalité aux yeux de la loi. À l'évidence, elles ne le sont pas, ne serait-ce que quant au fruit possible de l'union hétérosexuelle, à savoir la naissance d'un enfant. On confond alors égalité et uniformité. Pour affirmer l'égalité, on tente d'uniformiser des réalités fort différentes. Cela est d'autant plus étonnant dans une société scientifique comme la nôtre où la distinction, la classification des phénomènes étudiés sont la source même de la connaissance et du développement.

C. Discuter dans le respect

L'expérience des derniers temps montre qu'il est difficile de défendre la définition traditionnelle du mariage sans être accusé d'intolérance et d'homophobie, sans passer pour des conservateurs impénitents qui ne cherchent qu'à défendre le passé et sont incapables d'évoluer et de prendre en compte les avancées sociales. Ce fait qu'il sera sans doute difficile de modifier dans un débat aussi émotif devrait nous inviter nous-mêmes à beaucoup d'objectivité. La défense de notre conception du mariage doit se faire dans le respect des personnes qui soutiennent une autre position et dans la recherche du bien commun de la société. Le débat qui est en cours est important. Je vous invite à réfléchir, à lire et à prier sur cette question.

+Pierre Morissette
Janvier 2005


(1) M. Somerville, What about the Children ? in Divorcing marriage, p.63 Mc Gill - Queen's University Press

 

 

 

 

 


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