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Les retrouvailles de « vieux amis »

Le temps des Fêtes nous permet, très souvent, de reprendre contact avec la parenté ou des amis qu’on n’a pas rencontrés depuis un bon moment. Il est agréable de s’accueillir les uns les autres et de mettre à jour les événements qui ont marqué la vie de chacun et de chacune.

L’Église de la Côte-Nord aura bientôt à vivre cette sorte de retrouvailles avec nos frères et nos sœurs catholiques de la Basse Côte-Nord et de Schefferville. Je vous parle, en effet, depuis un bon moment déjà, lors de nos rencontres diocésaines, de l’élargissement de nos frontières jusqu’à Blanc-Sablon et Schefferville. L’échéance approche puisque les documents officiels ont été remis récemment aux autorités romaines. Ainsi, bientôt, va réapparaître une réalité qui a de profondes racines historiques, à savoir l’unité du territoire de la Côte-Nord au plan ecclésial. En effet de 1668 à 1945, la Basse Côtre-Nord a toujours appartenu à la même circonscription ecclésiastique que le reste du territoire, à savoir le diocèse de Québec de 1668 à 1867, le diocèse de Rimouski de 1867 à 1882, la préfecture apostolique du Golfe St-Laurent de 1882 à 1905 et enfin le vicariat apostolique du Golfe St-Laurent de 1905 à 1945. Nous allons donc retrouver de « vieux amis ».

Nous nous étions un peu perdus de vue au cours des soixante dernières années. Il faudra réapprendre à nous connaître et, de part et d’autre, il faudra accepter certains changements. Depuis 1945, nos amis de la Basse-Côte et de Schefferville ont participé à la vie de l’Église de Labrador City-Schefferville, un diocèse surdimensionné au plan géographique, mais où existait une belle fraternité dont j’ai pu mesurer toute la richesse lors de ma participation aux assises diocésaines de l’hiver 2005.

Comme toute organisation civile ou ecclésiastique, ce diocèse a développé, au cours des ans, une « culture », des façons de faire qui lui sont propres et qui sont bien différentes des nôtres. Il y aura un deuil à vivre pour ces personnes; et, sans doute aussi, une certaine insécurité devant l’inconnu que représente le diocèse de Baie-Comeau.

Il nous faudra donc travailler, pour notre part, à soigner l’accueil que nous allons offrir à ces « vieux amis ». Le bureau de l’évêque a déjà prévu une journée spéciale de travail pour entreprendre cette réflexion. Je vous invite dès maintenant à porter dans votre prière ce projet qui offre un beau défi pour notre Église. Que l’Esprit de Dieu nous guide sur cette route des retrouvailles avec nos amis de la Basse Côte-Nord et de Schefferville!

À tous les lecteurs et lectrices,

Joyeux Noël! Bonne et Sainte Année 2007!

+Pierre Morissette
Décembre 2006


L’Arche de la nouvelle alliance

Au moment où j’écris ce texte, l’Église de Baie-Comeau se prépare à accueillir l’Arche de la nouvelle alliance, cet objet symbolique souhaité par des jeunes pour aider à la préparation du Congrès Eucharistique international qui se tiendra à Québec en 2008. Avant même son arrivée chez nous, l’arche commence à produire des fruits. D’une part, la curiosité est piquée : pourquoi cet objet? que signifie-t-il? était-ce bien nécessaire pour la préparation du congrès? Autant de questions qui appellent des réponses et permettent un premier débroussaillage sur la célébration d’un congrès eucharistique international. D’autre part, les communautés chrétiennes qui accueillent l’arche se préparent activement en prévoyant des catéchèses, des temps de prière et d’adoration, des célébrations eucharistiques qui permettent au peuple chrétien d’approfondir l’importance première de l’Eucharistie dans la vie et la mission de l’Église.

Le thème du congrès « L’Eucharistie, don de Dieu pour la vie du monde » nourrira notre réflexion et notre prière sur l’Eucharistie d’ici le mois de juin 2008. Il attire tout d’abord notre attention sur le fait que l’Eucharistie est un don de Dieu. Un don qui est l’envoi du Fils par le Père dans notre monde : « Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils » (Jn, 3, 16). Un don qui s’épanouit pleinement dans la fidélité de Jésus à la volonté du Père et dans l’acceptation de la mort par amour pour l’humanité. Les paroles de Jésus à la dernière cène donne le sens de sa mort qui surviendra le lendemain : « Ceci est mon corps donné pour vous … Ceci est mon sang versé pour vous. » L’eucharistie que nous célébrons est le mémorial de ce don que Jésus fait de lui-même, le mémorial de sa mort et de sa résurrection. « Quand l’Église célèbre le banquet eucharistique, elle ne fait pas « comme si » c’était la première fois. Elle accueille l’événement définitif, eschatologique, « l’événement d’amour unique » qui est toujours en train de se produire pour nous. » (Document théologique de base, 49e CEI, p. 28) Se pose dès lors la question de l’accueil que nous réservons à ce don; comment le recevons-nous? Les seules attitudes souhaitables m’apparaissent l’émer-veillement et l’action de grâce. Mais qu’en est-il vraiment? L’expérience nous apprend que l’être humain a la singulière capacité d’installer la routine et l’habitude même dans les réalités les plus belles.

Ce don que Jésus fait de lui-même dans l’Eucharistie est pour la vie du monde, ajoute le thème du Congrès. Vie tout d’abord de celui ou de celle qui participe à l’Eucharistie. Célébrée en vérité, l’Eucharistie renouvelle, transforme, elle rend capable d’entrer dans les dispositions qui sont celles du cœur de Jésus et donc de se donner. Vie aussi pour la société où les participants-es de l’Eucharistie sont invités à évangéliser, à porter la Bonne Nouvelle et à en témoigner par la charité et la recherche de la justice.

Le passage de l’Arche de la nouvelle alliance nous offre une occasion d’entrer dans l’esprit du Congrès eucharistique et d’en approfondir le thème. Saisissons l’occasion. Certes, il ne va pas de soi de célébrer un congrès eucharistique dans une société sécularisée comme la nôtre et dans une Église où tant de baptisés se sont éloignés de l’Eucharistie. Raison de plus pour nous y ressourcer personnellement et nous habiliter à bien présenter ce « mystère » aux hommes et aux femmes de notre temps.

+Pierre Morissette
Novembre 2006


Des pas…sages à faire!

La nouvelle année pastorale est déjà vieille de quelques semaines et comme nous le faisons depuis l’automne 2004, nous continuons nos efforts pour « présenter le Christ, bonne nouvelle pour aujourd’hui ». Dans ce but, un outil tout neuf nous arrive pour la pastorale du baptême des petits enfants. Son titre est suggestif : « Des pas…sages à faire »; d’emblée, il nous oriente vers une marche, vers un déplacement tout comme le fait la célébration liturgique du baptême.

Pour saisir l’importance de ce nouvel instrument, il nous faut nous rappeler le contexte ecclésial qui est le nôtre. Contexte de déchristianisation où l’Évangile est méconnu d’une large partie de la population, y compris de très nombreux baptisés. Contexte d’éloignement de la pratique liturgique qui ne rejoint plus guère que 5 à 10% des baptisés selon les milieux. Contexte d’une vie familiale et professionnelle qui est très largement vécue sans référence à la Parole de Dieu et à l’enseignement de l’Église.

Ce contexte, bien sûr, colore les demandes de baptême qui sont faites à l’Église. Certaines s’appuient sur une foi ferme et agissante. D’autres – et elles sont de nos jours probablement les plus nombreuses – sont faites au titre de la continuation d’une tradition familiale; d’autres encore sous la pression explicite ou implicite des grands-parents, ou pour d’autres raisons.

Pour l’accueil de ces demandes, il faut donc prendre le temps de clarifier la situation réelle des demandeurs, d’où l’importance du dialogue pastoral. Il ne s’agit pas de juger les personnes, ni la qualité de leur foi, mais de marcher avec elles pour les aider à découvrir toute la richesse du sacrement qu’elles demandent pour leur enfant.

Et puis, il faut bien nous rappeler la mission qui est la nôtre; elle est clairement exprimée à la toute fin de l’Évangile de Mathieu : « Allez donc, de toutes les nations, faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. » (Mt, 28, 19) Devient disciple du Christ, nous dit saint Luc, celui qui écoute la Parole et la met en pratique. « Il ressemble à un homme qui bâtit une maison. Il a creusé très profond et il a posé les fondations sur le roc. » (Lc 6, 48) Notre rôle est de favoriser cette construction solide qui résiste aux tempêtes.

Une présentation du document sera faite dans les communautés chrétiennes du diocèse. J’encourage toutes les personnes impliquées de près ou de loin dans la pastorale du baptême des petits enfants à participer à ces rencontres.

+Pierre Morissette
Octobre 2006


La visite « ad limina » - prise 2

Avant de partir pour Rome à la fin d’avril, j’avais rédigé pour « L’Église de Baie-Comeau » un court article sur le sens de la visite « ad limina ». Il convient, trois semaines après mon retour, de partager avec vous ce que j’ai davantage retenu de cette expérience.

Bien sûr, il me faut au départ souligner tous les contacts interpersonnels qui marquent une telle visite. La vie fraternelle avec les confrères évêques du Québec, les rencontres avec les autorités et le personnel des congrégations et des différents conseils pontificaux constituent des points forts de ce voyage. Et, moment marquant entre tous, la rencontre personnelle avec le Pape Benoît XVI, où, pendant une quinzaine de minutes, nous avons échangé sereinement sur l’Église de la Côte-Nord : ses réussites, ses projets, ses défis. Je garde un souvenir inoubliable de cette rencontre… et aussi quelques très belles photos!

Je reviens de ce voyage avec une conviction renforcée sur la formation à la vie chrétienne. Des échanges que nous avons eus dans diverses congrégations, il ressort nettement que nous devons investir nos efforts dans la première annonce de la foi et dans la catéchèse. Au cours de la retraite que nous avons vécue à Assise, le P. Raniero Cantalamessa, ofm cap., nous a invités à retrouver dans notre Église une forme d’annonce du message chrétien qui provoque un choix : l’adhésion à la personne de Jésus Christ. En régime de chrétienté, comme nous l’avons connu au Québec, ce qui était important, c’était le contenu de la foi et l’orthodoxie. L’acte de foi premier, l’adhésion à la personne de Jésus, était supposé acquis. Nous voyons bien aujourd’hui que tel n’est pas le cas. Beaucoup de baptisés n’ont pas choisi Jésus personnellement; ils sont entrés par le baptême dans une institution qu’ils connaissent mal, l’Église; ils vivent les sacrements comme des rites qui n’engagent à rien au plan de la vie quotidienne. Notre Église doit retrouver le moyen d’annoncer bellement le kérygme, le noyau original de la foi qui produit dans la personne un « tressaillement » et qui invite à un renouveau de vie.

Il faut aussi nous questionner sur nos manières de faire qui sont encore largement influencées par notre passé récent. « Se présenter à l’homme d’aujourd’hui avec tout l’appareil de chrétienté, disait le P. Cantalamessa, est comme l’aborder avec une chape de plomb. » Il nous faut apprendre à devenir pêcheurs d’homme, disait-il encore.

Nous avons beaucoup réfléchi sur ces questions depuis trois ans. À l’évidence, notre choix était judicieux. L’expérience nous montre que cela nous conduit sur des chemins nouveaux, que nous ne connaissons pas bien et où nous rencontrons l’insécurité. Voilà pourquoi il nous faut revisiter les origines de notre Église et voir comment les apôtres ont évangélisé le monde païen. Nous n’avons pas fini de méditer et d’étudier les Actes des Apôtres et les Épîtres de saint Paul. Il faudra sûrement nous en reparler en début d’année pastorale. D’ici là, bonnes vacances à tous et à toutes!

+Pierre Morissette
Juin 2006


La visite « ad limina »

Au moment où vous lirez ces lignes, je serai à Rome pour la visite « ad limina ». Comme plusieurs personnes, avant mon départ, m’ont interrogé sur les buts et l’utilité de cette visite, il n’est sans doute pas inutile d’y consacrer ce court éditorial.

Le directoire pour le ministère pastoral des évêques nous offre une description intéressante de cette activité ecclésiale : « Selon la discipline canonique, l’évêque diocésain accomplit tous les cinq ans l’antique tradition de la visite « ad limina », pour honorer les tombeaux des saints apôtres Pierre et Paul et rencontrer le successeur de Pierre, évêque de Rome. Sous ses différents aspects liturgiques, pastoraux et d’échange fraternel, la visite a pour l’évêque une signification précise : accroître son sens de la responsabilité comme successeur des Apôtres et raffermir sa communion avec le successeur de Pierre. » (no 15)

Je m’arrête au mot « communion ». Le Synode spécial de 1985 pour souligner le 20e anniversaire de la conclusion du Concile Vatican II nous a rappelé que l’Église est un mystère de communion, une réalité qui n’est jamais parfaitement achevée, mais qui doit demeurer l’objet constant de nos préoccupations et de nos efforts. La visite « ad limita » constitue l’un de ces efforts. La communion se bâtit, en effet, par la prière et dans l’échange fraternel. Elle exige des déplacements physiques : il faut se rencontrer, étant bien entendu qu’on ne construit pas la communion en se tenant toujours à distance. Elle exige aussi des déplacements intellectuels, affectifs, psychologiques qui sont le fruit d’un dialogue ouvert où l’écoute active occupe autant de place que l’affirmation de ses propres idées. La visite « ad limina » se situe donc dans le registre des rencontres, des échanges, du dialogue; à ce titre, elle se situe dans le prolongement des efforts que nous faisons au plan diocésain pour renforcer entre nous la communion. Elle nous rappelle que nous devons aussi rechercher la communion avec les autres Églises et, en particulier, avec l’Église de Rome.

Le directoire ajoute encore : « En outre, la visite constitue un moment important pour la vie de l’Église particulière elle-même qui, par son représentant, consolide les liens de foi, de communion et de discipline qui la lient à l’Église de Rome et à tout le corps ecclésial. » (no 15) Cette visite n’est donc pas un événement qui intéresse l’évêque seul; c’est un événement d’Église. Je compte donc, en premier lieu, sur le secours de votre prière durant les jours où je serai à Rome comme votre représentant. De plus, je trouverai tout à fait normal qu’à mon retour, vous me questionniez et vous informiez sur cet effort de communion.

En terminant, j’aimerais remercier tous ceux et celles qui ont donné généreusement à la quête pour les oeuvres de charité du pape. C’est avec fierté que je remettrai en votre nom la somme de 7 500$ lors de ma rencontre avec le Saint-Père.

Au plaisir de vous retrouver au retour de Rome.

+Pierre Morissette
Mai 2006


Un don de vie

« Vous êtes ressuscités avec le Christ » dit saint Paul aux Colossiens (3, 1). Ces Colossiens, et nous à leur suite par la grâce du baptême, sommes entrés dans une vie nouvelle, qui est le fruit du don que Jésus a fait de sa propre vie par amour. Avant même de subir sa passion, Jésus avait enjoint ses disciples d’emprunter le même chemin; « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn, 15, 12). Il leur demandait, à eux aussi, d’entrer dans la dynamique du don, de produire du fruit à sa suite en se laissant guider par l’amour, en donnant par amour.

Dans sa première encyclique, le Pape Benoît XVI a admirablement décrit ce service de la charité qui est constitutif de la vie de l’Église (no 20). Il souligne, entre autres, que « l’activité caritative chrétienne doit être indépendante de partis et d’idéologies… Le programme du chrétien est « un cœur qui voit ». Ce cœur voit où l’amour est nécessaire et il agit en conséquence (no 31). »

Ce cœur qui voit, c’est le cœur du bon Samaritain qui aperçoit l’homme blessé sur le bord du chemin, cet homme qui est dans le besoin. Le Samaritain agit en conséquence : il bande ses plaies, le charge sur sa monture et le conduit en sécurité dans une hôtellerie (Lc 10, 29-37). À cet homme blessé, le Samaritain fait un don de vie. Très différente est la conduite du mauvais riche en regard du pauvre Lazare (Lc 16, 19-31). Le cœur de ce riche n’entend pas l’appel de Lazare. Il ne voit pas Dieu, il ne voit pas Lazare. Ses richesses l’ont coupé de toute relation d’amour : il ne pense qu’à jouir de ses biens. Ce que Abraham lui reproche, ce n’est pas le fait d’avoir été riche, mais de ne pas avoir vu le pauvre qui gisait à sa porte. Au lieu de donner la vie, il a laissé mourir Lazare dans la peine.

Nous célébrerons bientôt la fête de Pâques. C’est le moment d’ouvrir notre cœur à la vie nouvelle qui nous est offerte par le Christ. Je souhaite que notre Église de la Côte-Nord se laisse envahir par l’amour du Seigneur. Je souhaite que chacun, chacune, nous obtenions la grâce d’un cœur qui voit et que nous puissions ainsi faire des dons de vie!

Joyeuses Pâques dans la paix et la joie du Christ ressuscité!

+Pierre Morissette
Avril 2006


Les laïcs dans la mission de l'Église

La 34e réunion des évêques de l’Église en Amérique s’est tenue à Toronto les 14 et 15 février dernier. À titre de membre du bureau de direction de la Conférence des évêques catholiques du Canada, j’ai eu la chance d’y participer. Cette réunion rassemble, une fois par année, les membres des bureaux de direction de la Conférence des évêques latino-américains, de la Conférence des évêques des États-Unis et de la Conférence des évêques du Canada. Depuis la parution de l’exhortation apostolique « Ecclesia in America » en 1999, le thème de chaque rencontre invite les participants à explorer un aspect de ce document. Cette année, la réflexion portait sur le rôle des fidèles laïcs dans la mission et le renouveau de l’Église (no 44 de l’exhortation).

La situation des diverses Églises en Amérique, différentes à bien des égards, comporte aussi, sous certains aspects, de grandes similitudes. J’en souligne brièvement quelques-unes. Du nord au sud de l’Amérique, beaucoup de catholiques vivent un divorce entre la foi et la vie ; ils manifestent par leur conduite de grandes incohérences avec ce qu’ils disent croire. On peut aborder le phénomène sous différents angles : ignorance religieuse, foi ou religiosité superficielles, manque d’engagement, distanciation ou froideur dans la pratique sacramentelle, catholicisme de nom, etc. Du nord au sud de l’Amérique, nous vivons aussi dans des sociétés pluralistes. La société de chrétienté où la foi s’impose par l’héritage et la culture, de façon automatique, n’existe plus.

L’Église en Amérique doit affronter ce changement d’époque et emprunter le chemin de la nouvelle évangélisation. Elle doit vivre une conversion et s’atteler sérieusement à la tâche de la formation des laïcs pour qu’ils deviennent véritablement disciples du Christ. La catéchèse apparaît alors comme un outil indispensable, puisqu’elle se présente comme un en-seignement doctrinal qui doit ensuite être vécu. Elle pousse les chrétiens vers la logique du dire et du faire et elle aide à guérir le divorce entre la foi et la vie.

Ces disciples du Christ que sont les laïcs ont pour première tâche de « chercher le Royaume de Dieu en administrant les choses temporelles et en les ordonnant selon Dieu » (Lumen Gentium, no 31) et ce faisant, ils participent « à la mission salvatrice de l’Église elle-même » (Lumen Gentium, no 33). Dans nos sociétés américaines, il y a tendance à refouler le religieux dans la sphère du privé et à lui refuser toute influence dans le domaine public. Cela crée des situations difficiles et parfois déchirantes pour les laïcs catholiques engagés dans la vie publique, par exemple en politique ou dans les affaires. Comment être disciples du Christ dans ces milieux, comment rester fidèles à l’Évangile et aux enseignements de l’Église ? Les pasteurs doivent avoir le souci d’accompagner et d’entretenir le dialogue avec les laïcs engagés dans ces situations exigeantes.

Ces quelques réflexions rejoignent les préoccupations qui sont les nôtres sur la Côte-Nord. Nous aussi, nous avons pris acte du changement d’époque dans lequel nous sommes ; de même, nous prenons le tournant d’une catéchèse renouvelée. Et nous sentons nous aussi, pour notre Église, un besoin de conversion. Rappelons-nous simplement, comme le disait l’un des participants à la réunion, que « la conversion est le chemin vers la sainteté. »

+Pierre Morissette
Mars 2006


La prière pour l'unité chrétienne

Chaque année, vers la fin du mois de janvier, nous sommes invités à la prière pour l’unité des chrétiens. Le thème retenu, cette année, « Ensemble en mon nom » réfère à un texte de l’Évangile de Mathieu : « Là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Mt, 18, 20).

Dans notre diocèse, les catholiques sont très largement majoritaires et à cause de cela, l’activité oecuménique est assez restreinte. Il faut bien reconnaître qu’elle ne constitue pas, dans nos communautés catholiques, une préoccupation de première importance.

Peut-être faudrait-il revoir cette attitude? Le Pape Jean XXIII avait donné deux grands objectifs au Concile Vatican II : la rénovation interne de l’Église catholique et le service de la cause de l’unité chrétienne. Au regard de ce deuxième objectif, beaucoup a déjà été fait au plan international. Ici même, au Canada, la Conférence des évêques participe à de nombreux dialogues théologiques avec différents groupes de frères séparés. L’Église catholique est aussi devenue membre à part entière du Conseil canadien des Églises. Ce mouvement vers l’unité des chrétiens, cette recherche de l’unité, malgré toutes les difficultés rencontrées, est très certainement une grâce faite à notre temps et un fait irréversible.

Comment l’Église de la Côte-Nord peut-elle s’inscrire dans ce grand mouvement? De toute évidence, nous n’entreprendrons pas de grands dialogues théologiques avec nos frères des autres communautés chrétiennes; cela se fait à un autre niveau. Mais nous pouvons prier avec eux; je me réjouis d’ailleurs de voir que, durant la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, de telles rencontres de prière s’organisent à Baie-Comeau et à Sept-Iles. Bien que cette prière en commun demeure le fait d’un petit nombre de personnes, il faut continuer à l’encourager. Entre nous, catholiques, il nous faut aussi porter plus régulièrement dans la prière la grande demande que Jésus adressait à son Père : « Qu’ils soient tous un » (Jn, 17, 21). C’est ce que l’on appelle l’oecuménisme spirituel. Voilà très certainement une première action à poser.

Dans un commentaire du décret sur l’oecuménisme, je trouve une deuxième piste d’action importante et possible pour nous. «Le travail oecuménique le plus profitable est celui que chacun accomplit chez soi et poursuit dans sa propre Église. Chaque fois qu’un effort est fait dans le sens évangélique, pour une plus grande authenticité des choses, ou de telle manière que, si l’on s’était comporté ainsi avant l’échéance fatale des grandes ruptures, celles-ci eussent été évitées, on guérit pour sa part les blessures du corps chrétien, on donne vitalité et puissance au mouvement qui travaille pour la rencontre, la réconciliation et le remembrement dans l’unité. »1 L’unité des chrétiens est affaire de conversion intérieure et de sainteté, pour tout dire. « En effet, c’est du renouveau de l’âme, du renoncement à soi-même et d’une libre effusion de charité que partent et mûrissent les désirs de l’unité. »2

Qu’en conclure? Que le travail pour l’unité chrétienne, ce n’est pas seulement pour les autres et pour ailleurs. Cela nous concerne aussi!

+Pierre Morissette
Janvier 2006



(1) P. Yves M.-J. Congar, o.p. in Documents conciliaires, no 1, Éditions du Centurion, Paris, 1965
(2) Décret sur l’oecuménisme, no 7



 

 

 

 

 


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