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Former à la vie chrétienne: « Qu’est-ce que c’est? »

Nous retrouvons cette interrogation « Qu’est-ce que c’est? » au livre de l’Exode ( Ex 16, 1-1) Les Israélites sont au désert et ils se plaignent à Moïse de ne pas avoir assez à manger. Dieu répond en leur donnant une sorte de givre granuleux à la surface du sol. Le peuple hébreu se demandait « Qu’est-ce que c’est? » qui se dit « man hû » en hébreu. Nous l’avons traduit par manne. Tous les matins, le peuple devait aller chercher sa ration de manne pour la journée.

Ce don de Dieu, la manne, devait être cueilli tous les jours afin de nourrir le peuple hébreu. Les Hébreux ont mis en place une pratique : cueillir, tous les jours, ce que Dieu leur donnait. Cette pratique de la cueillette de la manne leur a permis de se nourrir au don de Dieu. Cette pratique leur a permis de vivre de ce don.

Quand nous parlons de former à la vie chrétienne, nous parlons de la même chose. Le but est de former à des pratiques pour nous faire prendre contact avec le don de Dieu qui va nourrir notre vie spirituelle. Jésus est le Chemin, la Vérité et la Vie qui nous donne accès à la vie de Dieu. Nous sommes invités à développer des pratiques qui nous font entrer en présence de Dieu en nous gardant unis à Jésus. Dans l’Évangile de saint Luc, Jésus insiste pour que son enseignement soit écouté et mis en pratique : « Pourquoi m’appelez-vous ‘Seigneur, Seigneur,’ et ne faites-vous pas ce que je dis? Quiconque vient à moi, écoute mes paroles et les met en pratique. » ( Lc 6, 46-47)

Je vous donne quelques pratiques que l’Église nous propose pour apprendre à vivre à la manière de Jésus et à laisser Dieu, le Père, nourrir notre relation avec Lui. D’abord, la pratique du contact personnel avec la Parole de Dieu qui nous ouvre aux pratiques de la prière, des sacrements et de la charité. Dans notre diocèse, plusieurs expériences heureuses se sont vécues ou se vivent encore. La pédagogie Mess’AJE, catéchèse pour adultes, a formé des groupes à Sept-Îles, Port-Cartier, Baie-Comeau et Forestville. La catéchèse biblique symbolique des Lagarde fait son chemin chez les adultes, les adolescents et les enfants dans un bon nombre de paroisses. Quelques initiatives pour les recommençants avec l’instrument Nouveau Départ évangélisent et éveillent des adultes à s’engager au nom de leur foi.

D’autres activités construisent l’Église à partir de la Parole de Dieu partagée et célébrée. Des « Venez à l’écart », des partages de la Parole en paroisse sur semaine quand il n’y a pas d’eucharistie, des rencontres autour de la Parole dans les maisons de prière et des efforts au quotidien suggérés par les mouvements chrétiens. J’aimerais nommer enfin le mouvement des Brebis de Jésus qui propose depuis quelques années déjà aux enfants, aux adolescents et maintenant à de jeunes adultes la découverte de la Parole de Dieu qui les mènent à une profession de foi vivante, explicite et agissante.

La pratique de la prière a été une nourriture quotidienne de Jésus. Nous le voyons souvent dans l’Évangile de saint Luc : « Au moment où Jésus, baptisé lui aussi, se trouvait en prière. » (Lc 3, 21) « Le jour venu, il sortit et se rendit dans un lieu solitaire. » (Lc 4, 42) « Jésus leva les yeux au ciel, dit sur eux la bénédiction » (Lc 9, 16) « Or, un jour quelque part, il priait. » (Lc 11, 1) Quand ses disciples lui ont demandé : « Seigneur, apprends-nous à prier. » Jésus a donné la prière du Notre Père.

Le Notre Père est la prière par excellence que l’Église nous propose à la suite de Jésus. Nous y retrouvons la demande que Dieu réalise son œuvre dans notre monde et celle de combler nos besoins quotidiens que nous gardons vivants devant Lui. La pratique du Notre Père développe deux attitudes importantes de la vie chrétienne : accueillir la volonté de Dieu et s’en remettre à Lui pour nourrir notre vie.

La pratique des sacrements est la rencontre de Jésus ressuscité. Jésus continue de marcher avec nous. Il nous rencontre dans les événements de notre vie pour nous faire entrer en relation avec Dieu, le Père. L’Eucharistie est le sacrement central dans la liturgie de l’Église. Avec l’Eucharistie, nous communions à la vie nouvelle du Christ que Dieu, le Père, lui a donnée en partage à la suite de sa mort. C’est la communion réelle au retour du Christ à Dieu, à son passage de la mort à la vie éternelle en Dieu et au don de sa vie pour que l’Amour de Dieu soit répandu dans toute l’humanité.

Cette pratique est questionnée parce que certains ont de la difficulté à voir le lien entre leur vie et la communion eucharistique à Jésus. Ceci nous fait voir la nécessité que nous avons de toujours approfondir le sens de la vie nouvelle de Jésus pour dégager les conséquences pratiques pour la vie d’aujourd’hui. Il est de notre responsabilité comme catholiques de montrer l’importance de la pratique de l’Eucharistie et de la réponse qu’elle apporte dans notre monde actuel.

Dans les sacrements, l’Église exprime sa foi en Jésus qui fait le lien entre le ciel et la terre. Nous sommes invités à la pratique des sacrements pour garder la foi en Jésus et en l’Église. La foi reste toujours une réponse à l’appel de Dieu de s’engager à la suite de Jésus. La vie chrétienne nous place toujours en face de notre responsabilité de montrer le visage du Christ dans les différentes situations de la vie humaine.

La pratique de la charité est cette manière de vivre notre relation avec les autres et de faire une place à leurs besoins dans notre vie. En Matthieu 25, Jésus insiste pour donner à manger à ceux qui ont faim, donner à boire à ceux qui ont soif, vêtir celui qui n’a rien et visiter les malades et les prisonniers. La vie chrétienne fait une place importante à la vie de l’autre dans notre vie parce que nous sommes solidaires les uns des autres. Il est nécessaire de s’assurer que chaque personne a ce qu’il faut pour vivre.

Dans ce sens, nos communautés chrétiennes ont développé des partenariats pour aider les gens dans leurs besoins essentiels. Nous voyons là les raisons des appels au partage en biens ou en argent. L’Église a toujours développé l’aide aux démunis. Nous retrouvons cette attitude chez saint Paul qui a fait une collecte pour la communauté de Jérusalem qui a connu des moments difficiles pour répondre à ses besoins matériels.

La pratique du témoignage est une étape importante dans un cheminement. Après avoir vécu notre foi, nous apprenons à l’annoncer. Lorsque nous sommes assez forts, nous prenons la parole pour en parler. La formation chrétienne vise à atteindre cette étape. Nous nous engageons alors dans la transmission de cet héritage. Nous devons faire plusieurs pratiques des différents aspects de notre foi pour arriver à en témoigner; notre témoignage devient alors crédible.

+ Jean-Pierre Blais
Évêque de Baie-Comeau




L'équipe de la communauté locale: tout un défi

Dans son livre « Des prêtres parlent », Mgr Albert Rouet, évêque de Poitiers, présente comme ceci la communauté locale : « L’intuition des communautés locales est avant tout missionnaire. Elle vise le partage et la proposition de l’Évangile dans une proximité aux personnes : là où vivent des chrétiens qui se reconnaissent mutuellement, là est l’Église, là est le Christ (Mt 18,20). L’installation d’une équipe de base et le développement des communautés locales se font en solidarité (…). Elles s’organisent selon les grandes fonctions nécessaires à l’existence d’une communauté chrétienne et elles participent au projet pastoral du secteur (pour nous, il s’agit de la zone et du diocèse) ».

Dans le diocèse de Baie-Comeau, nous confions cinq responsabilités à l’équipe de la communauté locale. Je ne veux pas insister sur leur rôle. J’attire votre attention sur le défi à relever par une équipe de la communauté locale pour garder la motivation et l’intérêt à travailler ensemble. Ce défi, c’est de nourrir la vie de l’équipe.

L’équipe est un organisme vivant qui doit se nourrir pour vivre comme n’importe quel autre être vivant. L’équipe naît, grandit et atteint sa maturité. L’équipe naît quand un ensemble de personnes décident de joindre leurs forces. Elle grandit en portant les questions que ses responsabilités lui apportent. Elle atteint sa maturité quand elle devient porteuse de l’Évangile qu’elle communique à la communauté à travers ses rôles. La vie de l’équipe est en mouvement; elle n’est pas figée. Elle connaîtra ses hauts et ses bas.

Comment la nourrir? Je veux ici faire ressortir quatre préoccupations que l’équipe doit garder en tête parce qu’elles sont à la base de sa vie.

La première préoccupation est celle où l’équipe doit apprendre la mission qui lui est confiée. Qu’est-ce qu’une équipe de la communauté locale? Au fur et à mesure qu’elle comprend mieux son rôle et sa mission d’animer la communauté, l’équipe est plus confortable et à l’aise pour aller chercher d’autres personnes et partager le travail. Les participants deviennent plus nombreux pour prendre leur part de la mission. La vie circule mieux dans l’équipe même et entre l’équipe et la communauté.

La deuxième préoccupation est celle où chacun des membres doit contribuer au travail de l’équipe. L’effort que chacun des membres consent apporte une énergie nouvelle au sein du groupe. La personne qui apporte sa contribution se sent valorisée face aux autres et permet de garder un bon esprit. Ce climat favorise le maintien d’une croissance dans la force de l’équipe.

La troisième préoccupation est celle de se donner des exigences acceptables. Les membres de l’équipe sont aux prises avec leurs obligations familiales, leur vie professionnelle et leurs loisirs. Ils doivent composer avec ces contraintes pour jouer leur rôle dans l’équipe de la communauté locale car, même s’ils sont bénévoles, ils ont un effort constant à fournir. Ils doivent respecter un équilibre de vie pour rester efficace dans la conciliation de toutes ces obligations. C’est une exigence pour garantir une vie saine individuellement et en groupe.

La quatrième préoccupation est celle de se donner du temps. Les membres de l’équipe ne vont pas tous au même rythme. Il doit y avoir bien des échanges, des partages de points de vue, des reprises de l’organisation et des temps d’arrêt. Le temps demande à être respecté. Nous devons apprendre à revoir nos échéanciers pour que les trois premières préoccupations trouvent leur équilibre dans la vie des membres. La vie de l’équipe se nourrit dans tout ce mouvement et respire.

Je vous ai tracé rapidement les exigences de la réussite de la vie des équipes. Nous avons là le défi auquel toutes les équipes de la communauté locale sont confrontées : trouver un équilibre de vie pour être frais et dispos en vue de la mission.

+Jean-Pierre Blais
Évêque de Baie-Comeau




Homélie de la semaine sainte 2009 (Mgr Jean-Pierre Blais)

DIMANCHE DES RAMEAUX, 5 AVRIL 2009

Ce matin, après l’Évangile de la passion, il n’y aura pas d’homélie. Je vous fais donc maintenant le commentaire le plus important de la Semaine sainte. Dans chacun des rendez-vous que Dieu donne cette semaine, trois mots vont guider nos célébration : regarder, écouter et prier.

1- Regarder les récits de la vie de Jésus.
2- Écouter les enseignements de la Parole de Dieu.
3- Prier Jésus d’ouvrir notre cœur au cœur de Dieu, le Père.


MESSE CHRISMALE, 6 AVRIL 2009

Frères et sœurs en Jésus-Christ,

La célébration de ce soir, nous l’appelons la messe chrismale. Ce nom a été retenu parce que je vais consacrer le chrême pendant cette messe. Le chrême est l’huile qui est utilisée au baptême, à la confirmation et aux ordinations. Il devient un symbole de l’unité de l’Église que nous formons.

Rappelez-vous que je vous ai donné trois mots à garder en mémoire pendant la Semaine sainte : regarder, écouter et prier. Je prends le deuxième : Écouter les enseignements de la Parole de Dieu. Qu’est-ce que la Parole de Dieu nous enseigne sur l’huile du chrême? Nous l’avons lu au livre d’Isaïe et Jésus a cité ce texte à la synagogue de Nazareth : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. » (Lc 4, 18) Vous êtes baptisés en Jésus et, à votre baptême, vous avez été consacrés avec l’onction de l’huile du chrême. La plupart d’entre vous êtes confirmés et, à votre confirmation, vous avez été consacrés avec l’onction de l’huile du chrême. Les diacres, les prêtres et moi comme évêque, nous avons tous été consacrés avec l’onction de l’huile du chrême quand nous avons été appelés à notre vocation.

J’aimerais faire une première remarque : c’est Jésus lui-même qui vous partage la vie de son Esprit par les mains de l’évêque, du prêtre ou du diacre qui vous fait l’onction avec le chrême. Je vous répète la citation de Jésus : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. » Qui que vous soyez, comme baptisés, comme confirmés ou comme ministres ordonnés, Jésus habite en vous avec son seul et unique esprit. Cependant, Jésus nous donne des missions différentes. Je donne des exemples : il y en a qui ont plus de facilités pour prier, d’autres pour partager ou encore pour respecter l’environnement de la création de Dieu.

Deuxième remarque : notre unité en Église nous est donnée par le même Esprit de Jésus qui est en chacun et chacune de nous. Je veux vous laisser une image de l’unité qui existe entre nous par la foi. C’est l’histoire, tiré d’un film où un enfant est trouvé dans les bois. Il n’a pas été élevé dans une famille humaine. Lorsqu’on l’a trouvé, on s’interroge : que faire? À qui le confier? Comment s’y prendre? Un instituteur et sa vieille gouvernante demandent alors à s’en charger. On est au XVIIIe siècle dans un petit village. Il y a une école. L’instituteur est célibataire, mais il a pour l’aider une dame assez âgée, bonne cuisinière et qui a beaucoup de cœur. Elle encourage l’instituteur à prendre en charge l’enfant. On va s’occuper de lui, le soigner. Mais l’enfant se montre impossible à apprivoiser. Aucune communication ne semble possible; on ne peut pas entrer en contact avec lui. Toute la tendresse humaine n’arrive pas à vaincre cette fermeture. On peut tout juste déposer une écuelle dans le coin de la cuisine afin que l’enfant, comme un animal, lape ses aliments. Un jour, il s’enfuit. Tout semble être un échec. L’enfant est repris et ramené chez l’instituteur. Survient le moment décisif. La gouvernante s’efforce de mettre toute sa douceur pour s’exprimer comme elle le peut. Le visage de l’enfant reste fermé. Lorsque, tout à coup, l’enfant prend les mains de cette vieille femme et la regarde. Puis, dans le silence, il applique les deux mains de la femme sur son propre visage. On ne voit plus alors que les deux visages. Les larmes sont apparues. Chacun pleure. Ils savent que la confiance a été donnée. Plus rien ne sera comme avant.

Vous voyez ce qui vient de leur arriver. La confiance est née dans leur deux cœurs et a créé un lien d’unité entre eux. Je vous fais le lien avec mon troisième mot : Prier Jésus d’ouvrir mon cœur au cœur de Dieu, le Père. Les deux mains de Dieu, c’est la main de Jésus et la main de l’Esprit de Jésus qui viennent travailler avec nos mains dans la confiance. Voici la prière qui monte en moi à ce moment-ci : « Seigneur laisse tes mains dans mes mains pour que je reste en lien avec ta présence en moi. »

Comme évêque, j’ai reçu la mission de Jésus de vous rassembler dans la même foi que nous partageons. Je suis au service de nos liens d’unité dans la foi. Le bâton pastoral que je porte dans les processions, à la lecture de l’Évangile ou à la bénédiction, est le signe de ma mission de garder dans l’unité de la même foi tous les catholiques du diocèse. Je partage, en premier, cette responsabilité avec les prêtres.

Je termine avec le premier mot : Regarder les récits de la vie de Jésus. Regardons ce récit d’aujourd’hui. Jésus nous dit : « Cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. »(Lc 4, 21) Il ne s’agit pas uniquement du jour où Jésus a parlé. C’est encore maintenant ce jour où il continue d’agir. Jésus est toujours avec nous dans nos messes. La messe et les autres sacrements disent l’unité de notre foi et la présence de Jésus.

La célébration liturgique de ce soir raconte aussi l’unité de l’Église que nous formons, l’unité de notre foi. Pour nous aider à faire de nos liturgies des lieux pour favoriser notre unité en Église, Mgr Morissette a fait venir une équipe pour donner une session sur le sens de la liturgie de nos messes et son organisation. Près de quarante personnes du diocèse suivent cette session depuis un an et il reste une autre année. Je souhaite que toutes nos équipes de liturgie puissent en profiter. J’en profite déjà personnellement puisque nous ajustons les cérémonies spéciales de l’évêque avec les informations que nous recevons de cette formation. Dans les années à venir, je compte pouvoir aller présider les offices de la Semaine sainte dans différentes zones du diocèse.

Tout au cours de cette célébration, laissons-nous entraîner par la vie de Dieu dans laquelle nous baignons.


MESSE EN MÉMOIRE DE LA CÈNE DU SEIGNEUR, 9 AVRIL 2009

Frères et sœurs en Jésus-Christ,

En cette messe de la Cène du Seigneur, je vous invite à regarder deux gestes du récit de la vie de Jésus.

Le premier geste est le partage du pain à ses disciples. Dans la lettre aux Corinthiens, Saint Paul nous rapporte ces paroles de Jésus distribuant le pain: « Ceci est mon corps ». (1 Cor 11, 24) Jésus nous donne son corps. Je fais le lien avec les dons d’organes. Nous avons de plus en plus de sollicitation pour penser à donner des organes. Donner ses reins, ses yeux, son cœur ou une autre partie de son corps peut permettre à une autre personne de prolonger sa vie et d’avoir une meilleure qualité de vie. Pour sa part, Jésus ne se contente pas de donner un organe. Il nous donne tout son corps. Le don de son corps ne prolonge pas notre vie terrestre, il nous donne la vie éternelle. La vie éternelle est l’achèvement de notre vie en Dieu.

Le deuxième geste de Jésus est le lavement des pieds de ses apôtres. Saint Jean nous rapporte : « Jésus (…) quitte son vêtement (…) verse de l’eau dans un bassin, il se met à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture » (Jn 13, 4-5). Jésus donne sa vie pour le service des disciples et de toute l’humanité. Le service dans l’Église n’est pas facultatif, c’est d’apprendre à donner gratuitement ce que nous avons reçu gratuitement de Dieu. Le diaconat est le signe et le témoignage du service comme marque permanente du Christ dans le monde.

Maintenant que nous avons regarder un récit de la vie de Jésus, je vous invite à écouter les enseignements de la Parole de Dieu. Dans « Faites cela en mémoire de moi » (1 Cor 11, 25), Jésus donne son corps, il invite à continuer ce don. Lors du lavement des pieds, il nous dit : « Vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres » (Jn 13, 14). Jésus, en se levant, laisse sa chaise libre. Quelqu’un d’autre peut l’occuper. Nous sommes invités à l’occuper pour servir comme Jésus.

Laissez à nous-mêmes, nous n’avons pas la capacité de répondre à ces appels. Il est donc indispensable de prier Jésus d’ouvrir notre cœur au cœur de Dieu, le Père.

À la fin de cette célébration, profitons de l’exposition du Saint-Sacrement pour prolonger notre célébration et regarder Jésus, l’écouter et le prier.


CÉLÉBRATION DE LA PASSION DU SEIGNEUR, 10 AVRIL 2009

Frères et sœurs en Jésus-Christ,

Avant le concile Vatican II, la liturgie du Vendredi saint commençait par une interrogation de Dieu : « Que vais-je faire de toi Israël? Vais-je laisser la colère m’envahir en face de la défection et de l’infidélité du peuple? » (Osée) La réponse à cette question de Dieu, c’était la lecture de la passion selon saint Jean. À Gethsémani, le Christ revient à nous comme un mendiant pour demander un peu de temps de veille près de Lui :« Pouvez-vous prier avec moi un peu de temps? »

Cet après-midi, nous sommes réunis pour regarder Jésus qui nous donne la réponse de Dieu sur l’avenir de l’humanité avec la lecture de la passion selon saint Jean. Nous veillerons aussi dans la prière près de Jésus et avec Lui.

Dans sa passion, Jésus donne son corps. Jésus donne son corps aux pharisiens et aux prêtres qui voulaient l’arrêter depuis longtemps. Jésus donne son corps à Pilate qui le condamne tout en reconnaissant son innocence. Jésus donne son corps à la foule qui réclame de le crucifier. Jésus donne son corps aux soldats qui le dépouillent de tout et tirent son vêtement au sort. Jésus donne son corps à ses bourreaux qui le crucifient sur la croix dans leur aveuglement. Jésus donne son corps blessé et crucifié à Dieu, son Père.

Tout comme Jésus, nous avons nos croix. Un père de famille de quarante ans meurt d’un cancer en laissant son épouse avec les trois enfants. Des parents perdent leurs deux filles dans le même accident. Un adolescent se suicide en laissant sa famille dans le déchirement. Plusieurs ont récemment perdu leur emploi et ils sont inquiets face à leur avenir. Un couple choisit de se séparer. La qualité de vie diminue : la vue baisse, les jambes nous portent plus difficilement, la paralysie s’installe.

Avec Jésus, nous avons nos croix. Au moment de la vénération de la croix, en nous approchant de la croix de Jésus pour la toucher, l’embrasser ou s’agenouiller devant elle, ce sont nos croix que nous venons toucher, embrasser ou devant lesquelles nous nous agenouillons. Nous venons déposer nos croix sur la croix de Jésus. Jésus porte nos croix avec la sienne.

Qu’est-ce que Dieu nous dit devant nos souffrances? Prenons le temps d’écouter les enseignements de la Parole de Dieu. Dans la lettre aux Hébreux, Dieu nous dit : « Jésus a pourtant appris l’obéissance par les souffrances de sa passion. » (Héb 5, 8) Dieu nous laisse une part de nos souffrances pour nous apprendre à lui faire confiance dans nos difficultés. Il est avec nous. Il nous aime et il veut nous libérer de nos souffrances.

Nous sommes aussi invités à aider les autres. Quand nous choisissons d’aider les autres à porter la croix de leur souffrance, nous soulageons nos propres souffrances. La joie naît dans notre cœur en travaillant à soulager les autres. Cette joie au cœur de la souffrance devient une première éclaircie sur la résurrection de Jésus. Cette joie au cœur de la souffrance crée un premier mouvement d’espérance où je suis en train d’accueillir un autre monde de paix et de joie en Dieu.

Prions Jésus d’ouvrir notre cœur au cœur de Dieu, le Père. Lui seul peut nous aider à reconnaître le chemin de la joie au cœur de nos croix à porter.


VEILLÉE PASCALE, 11 AVRIL 2009
« JÉSUS EST RESSUSCITÉ! »


Frères et sœurs en Jésus-Christ,

« Jésus est ressuscité », c’est la nouvelle que « Marie-Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé » (Mc 16, 1) ont apprise en arrivant au tombeau de Jésus. Deux mille ans plus tard, nous sommes encore rassemblés par cet événement qui est arrivé à Jésus. Ce soir, nous sommes là parce que « Jésus est ressuscité ». Nous avons allumé le feu nouveau au début de notre célébration parce que cette annonce nous apporte une lumière nouvelle pour découvrir le sens de notre vie.

Nous ne sommes pas les seuls à être intéressés par la résurrection de Jésus. Plusieurs s’intéressent à cet événement et ils nous interrogent. Marie-Madeleine s’est fait demander : « Montre-nous Jésus ressuscité parce que nous aussi nous voulons le voir ». La même question nous est posée aujourd’hui : « Montrez-nous Jésus ressuscité parce que nous aussi nous voulons le voir! » Qu’est-ce que nous leur montrons? Nous leur montrons ce que les premiers témoins nous ont transmis.

Je vous ramène au Vendredi saint lorsque Joseph d’Arimathie a mis Jésus au tombeau. Regardons ce geste : la nuit était près de tomber et le sabbat arrivait. Le sabbat est le jour où les Juifs ne peuvent pas travailler, surtout ne pas enterrer un mort; le sabbat commence avec le couché du soleil. Les amis de Jésus devaient faire vite parce qu’Il est mort en fin de journée. Ils ont mis Jésus au tombeau en l’entourant de bandelettes et n’ont pas eu le temps de terminer.. Ils ont tout fermé et les femmes ont décidé qu’elles reviendraient le dimanche de Pâques pour l’embaumer. C’est là que nous retrouvons les femmes dans l’Évangile d’aujourd’hui, au tombeau, le matin de Pâques. Le tombeau est vide et elles reçoivent l’annonce « Jésus est ressuscité ».

Les femmes n’ont plus accès à la connaissance de Jésus par son corps matériel. Elles sont troublées de cette absence de Jésus et de l’affirmation qu’il est ressuscité. Jésus doit prendre les devants pour les rendre capables de le rencontrer dans sa nouvelle réalité de ressuscité. Il va aussi se montrer vivant dans ce que nous appelons les apparitions. Jésus vient habiter par son amour la vie des personnes qui l’accueillent.

Prenons des comparaisons pour voir à quoi peut ressembler cette nouvelle présence de Jésus. Pensons aux spectacles. Vous écoutez un concert musical. La musique vient vous habiter au point que vous pouvez fredonner les airs. Les chants viennent vous habiter et vous pouvez les chanter. Vous pouvez décider de transmettre les chants et la musique en les chantant. C’est la même chose avec la présence spirituelle de Jésus. Jésus s’est montré vivant aux apôtres et à d’autres hommes et femmes. Ils sont les témoins de cette présence vivante de Jésus dans notre vie. Rappelons-nous qu’un témoin dans le sport, c’est un petit bâton que les coureurs se transmettent d’un à l’autre dans une course pour l’amener jusqu’à la fin. Comme le témoin est transmis d’un coureur à l’autre, nous transmettons la foi en Jésus aux autres générations comme nous l’avons reçue des premiers témoins.

Qu’est-ce que je montre?
- Je montre la foi de l’Église ;
- Je montre la vie de Jésus dans les Évangiles;
- Je montre que Jésus est vraiment mort;
- Je montre les témoins qui ont vu Jésus vivant après sa mort;
- Je montre mon expérience spirituelle avec Jésus;
- Je montre notre rassemblement de foi en Jésus présent avec nous ce soir.

Quand nous écoutons la Parole de Dieu, elle nous dit deux choses sur la vie de ressuscité de Jésus. La première : Jésus n’est pas ressuscité d’une manière purement physique et matérielle. Ce n’est pas une réanimation de son corps physique. Jésus est entré dans une nouvelle manière d’exister. Jésus commence une nouvelle manière de vivre pleinement avec Dieu. La deuxième : nous ne pouvons pas dire le comment.

Prier Jésus est toujours important pour lui demander de faire de nous des témoins.


PÂQUES, 12 AVRIL 2009
« JÉSUS EST RESSUSCITÉ »


Frères et sœurs en Jésus-Christ,

« Christ est ressuscité », c’est la nouvelle que Pierre va annoncer à Césarée chez un centurion de l’armée romaine. Deux mille ans plus tard, nous sommes encore rassemblés par cet événement qui est arrivé à Jésus. Ce matin, nous sommes là parce que « Jésus est ressuscité ». Nous avons allumé le cierge pascal, au début de notre célébration, parce que cette annonce nous apporte une lumière nouvelle pour découvrir le sens de notre vie.

Nous ne sommes pas les seuls à être intéressés par la résurrection de Jésus. Plusieurs s’intéressent à cet événement et ils nous interrogent. Pierre s’est fait demander : « Montre-nous Jésus ressuscité parce que nous aussi nous voulons le voir ». La même question nous est posée aujourd’hui : « Montrez-nous Jésus ressuscité parce que nous aussi nous voulons le voir! » Qu’est-ce que nous leur montrons? Nous leur montrons ce que les premiers témoins nous ont transmis.

Je vous ramène au Vendredi saint lorsque Joseph d’Arimathie a mis Jésus au tombeau. Regardons ce geste : la nuit était près de tomber et le sabbat arrivait. Le sabbat est le jour où les Juifs ne peuvent pas travailler, surtout ne pas enterrer un mort; le sabbat commence avec le couché du soleil. Les amis de Jésus devaient faire vite parce qu’Il est mort en fin de journée. Ils ont mis Jésus au tombeau en l’entourant de bandelettes et n’ont pas eu le temps de terminer.. Ils ont tout fermé et les femmes ont décidé qu’elles reviendraient le dimanche de Pâques pour l’embaumer. C’est là que nous retrouvons Marie-Madeleine dans l’Évangile d’aujourd’hui, au tombeau, le matin de Pâques. Le tombeau est vide. Elle va chercher Pierre et Jean. Les trois ont une réaction différente. Ces témoins nous ressemblent. Marie-Madeleine ne sait plus où chercher son Seigneur : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons où on l’a mis. » (Jn 20, 2) Simon-Pierre constate les signes de la mort de Jésus et ne peut entrer dans la lumière de la résurrection. Jean, celui que Jésus aimait, s’ouvre à l’amour de Jésus et l’Évangile nous dit : « Il vit et il crut. » (Jn 20, 8)

Les deux premières choses que nous devons montrer : La première, ce sont les récits de la vie de Jésus dans les Évangiles. La deuxième, c’est que Jésus est vraiment mort.

Jésus doit prendre les devants pour les rendre capables de le rencontrer dans sa nouvelle réalité de ressuscité. Il va aussi se montrer vivant dans ce que nous appelons les apparitions. Les apôtres, ces femmes et ces hommes auxquels Jésus est apparu deviennent des témoins de la résurrection de Jésus. Rappelons-nous qu’un témoin dans le sport, c’est un petit bâton que les coureurs se transmettent d’un à l’autre dans une course pour l’amener jusqu’à la fin. Comme le témoin est transmis d’un coureur à l’autre, les témoins transmettent la foi en Jésus aux autres générations. Ceci m’amène à vous nommer la troisième réalité à montrer, c’est Jésus vivant à travers les témoins qui l’ont rencontré après sa mort.

Jésus vient habiter par son amour la vie des personnes qui l’accueillent. Prenons des comparaisons pour voir à quoi peut ressembler cette nouvelle présence de Jésus. Pensons aux spectacles. Vous écoutez un concert musical. La musique vient vous habiter au point que vous pouvez fredonner les airs. Les chants viennent vous habiter et vous pouvez les chanter. Vous pouvez décider de transmettre les chants et la musique en les chantant. C’est la même chose avec la présence spirituelle de Jésus. Il vient habiter nos vies encore aujourd’hui. Nous sommes invités à témoigner de notre expérience spirituelle. C’est la quatrième réalité que nous avons à montrer, notre propre expérience spirituelle.

La cinquième réalité à montrer est notre rassemblement de foi en Jésus présent avec nous ce matin.

Prenons maintenant le temps d’écouter la Parole de Dieu, elle nous dit deux choses sur la vie de ressuscité de Jésus. La première : Jésus n’est pas ressuscité d’une manière purement physique et matérielle. Ce n’est pas une réanimation de son corps physique. Jésus est entré dans une nouvelle manière d’exister. Jésus commence une nouvelle manière de vivre pleinement avec Dieu. La deuxième : nous ne pouvons pas dire le comment.

Prier Jésus est toujours important pour lui demander de faire de nous des témoins.


+Jean-Pierre Blais
Évêque de Baie-Comeau




Homélie: « Serviteur de la lumière du Christ »

Frères et sœurs en Jésus-Christ,

Ce matin, nous nous présentons au rendez-vous de Dieu en cette Église cathédrale de Saint-Jean-Eudes. Nous avons quitté notre maison. Nous avons pris la route. Nous nous retrouvons ici rassemblés pour marcher avec Jésus à la rencontre de Dieu, le Père. Nous vivrons un moment spécial pendant notre célébration. Quatre candidats se présenteront devant notre communauté et devant Dieu pour s’engager au service de la communauté comme diacre. Gilles et Alain feront leur demande officielle pour être admis au diaconat. André et Gaétan vivront le lectorat. À chacun de nous, la Parole de Dieu de ce matin nous offre en nourriture : « Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par Lui, le monde soit sauvé. »(Jn 3, 17)

Qu’est-ce que Jésus est en train de nous dire quand il dit qu’il est venu nous sauver? Je vous donne une image pour mieux comprendre le mot sauver. Le Père Bro dans son livre « Les paraboles » raconte cette histoire de l’écrivain Baudelaire. « Toute ma vie est comme la marche d’un homme perdu dans la forêt. L’homme est là entouré de tous les périls, il est perdu. Et puis voilà qu’un jour, loin, loin à travers les troncs d’arbre, une lumière s’allume dans une cabane de garde forestier. Le garde est rentré, il allume sa lampe. Ah, dit l’homme perdu, me voici sauver. » L’homme a encore du chemin à parcourir pour atteindre la lumière, mais il a de l’espérance parce qu’il sait où se diriger; il sait où allez pour rester en vie.

Il y a quelques semaines, le symbole de la lampe de poche nous était proposé dans notre visuel du carême. Il nous dit que c’est Jésus notre lumière. Jésus nous guide sur la terre pour rester en vie. Le mot sauver se tient avec le mot salut et le mot santé. Jésus vient nous redonner la santé. Dans nos maladies, nos souffrances, nos divisions et même dans la mort, Jésus vient nous donner la vie et veut que nous la gardions. Jésus nous dit : « Je suis venu pour qu’il ait la vie et la vie en abondance. » (Jn 10, 10)

Comment se fait-il que nous voyons encore la maladie, la division et la mort après deux mille ans? Nous sommes en marche vers le rétablissement de notre santé. Nous ne pouvons pas retrouver pleinement la santé et la vie ici sur la terre. Nous aurons pleinement la vie et la santé lorsque nous vivrons auprès de Jésus en lien parfait avec Dieu. C’est Jésus qui nous guide. Il fait aussi le nécessaire pour rendre possible notre vie avec Lui.

Pour tout de suite, nous sommes invités à nous occuper des uns et des autres. Nous sommes invités en tant que personne baptisée en Jésus à nous rendre service les uns aux autres et à marcher avec Jésus. Nous devons être une lumière pour les autres. Jésus est une lumière pour nous, nous sommes invités à apporter la lumière de Jésus aux autres. Jésus nous éclaire à partir d’où il est au ciel. Il voit tout le chemin que nous avons à parcourir. Nous devons lui faire confiance parce que nous n’avons pas toute cette vision.

Le service à rendre aux autres, ce sera notre manière d’être lumière. Le service est tellement important en marchant avec Jésus que l’Église a institué un signe du service comme lumière de Jésus, c’est le diaconat. Le diaconat touche à trois

Services spécialement : le service de la Parole de Dieu, faire connaître la Parole de Dieu; le service de l’autel, préparer les offrandes pour la messe et le service de la charité, aider les autres. Je ne donne pas plus d’explication parce que les prières auprès de Gilles et Alain, André et Gaétan dans l’accueil de leur geste d’engagement racontent le service auquel ils sont appelés. Soyez attentifs au moment des prières, vous entendrez leur engagement.

Je vous invite à prier pour nos candidats au diaconat.

Amen

+Jean-Pierre Blais
Évêque de Baie-Comeau
22 mars 2009
Cathédrale de Saint-Jean-Eudes






Version française, anglaise et innue de l'homélie

Homélie: LES RENDEZ-VOUS DE L’AMOUR DE DIEU

Confrères évêques,
Frères prêtres,
Frères et sœurs en Jésus-Christ,

Cet après-midi, nous sommes au rendez-vous de l’Église catholique de Baie-Comeau. Ce rendez-vous écrit une nouvelle page de l’histoire de l’Église au Québec. Les pages de notre histoire de foi sont écrites par nos engagements personnels dans chacun de nos milieux de vie. Nous ne pouvons pas séparer ces engagements de notre rendez-vous de cet après-midi à la cathédrale Saint-Jean-Eudes. Dans sa lettre aux Romains, saint Paul insiste : « Dans le Christ (…) nous formons un seul corps; tous et chacun, nous sommes membres les uns des autres. » (Rom. 12,5) Chacun de nos engagements de foi est un geste d’Église, un geste du Corps du Christ.

À la fin des mois de décembre et de janvier, vous, diocésains et diocésaines, m’avez invité à commencer mes fréquentations pour bâtir nos relations sur un accueil chaleureux et des solidarités partagées. Lors de nos rencontres, de nos échanges, de nos poignées de main, de nos sourires, j’ai rencontré en vous des amoureux de l’Église. À travers vos visages, le Christ m’a montré le visage de son Corps vivant que j’ai pu entendre, regarder et toucher. Ce Corps de Jésus, je l’appelle le premier rendez-vous de l’amour de Dieu. Cet après-midi, nous ouvrons ensemble nos bras pour accueillir nos invités à ce rendez-vous de l’Église de Baie-Comeau.

De Gatineau-Hull, de Montréal, de Sherbrooke, de Québec, de Rimouski et de partout au Québec, la marche s’est donnée comme point de ralliement la cathédrale de Baie-Comeau. Le diocèse d’Ottawa avec Mgr Prendergast vient représenter l’Ontario. Nous accueillons ainsi les membres du seul et unique Corps du Christ qui vit au Canada. Notre rassemblement montre la diversité des visages du Corps du Christ engagés dans l’Église et le monde.

Je remercie mes confrères évêques, ou leurs représentants, de se joindre à nous pour donner un visage concret à l’Église, Corps du Christ. Je remercie la délégation du diocèse de Québec, que ce soit des membres des services diocésains ou des gens avec qui j’ai tissé des amitiés au cours des années. Je remercie tous les diocésains et les diocésaines d’ici. Votre présence nous permet de montrer que nous ne sommes pas isolés, mais que nous partageons ensemble la même vie en Église.

Avec le jubilé de l’an 2000, Mgr Morissette a lancé le diocèse de Baie-Comeau dans un mouvement de nouvelle évangélisation au niveau de la formation à la vie chrétienne et de la vie des communautés chrétiennes. Je crois important que nous poursuivions ensemble ce travail afin de mettre en place ces deux niveaux de formation.

J’aimerais ici faire remarquer que pour la première fois dans l’histoire de l’Église catholique au Québec, les trois diocèses de l’est du Québec qui forment l’Inter-Est, c’est-à-dire Gaspé, Rimouski et Baie-Comeau ont, comme pasteurs, des évêques originaires du diocèse de Québec et des amis personnels. Nous en profiterons pour favoriser une meilleure collaboration au niveau pastoral entre nos diocèses.

Je profite de ce rendez-vous de l’Église de Baie-Comeau pour vous dire que je viens vivre avec vous pour apprendre à vous aimer. En saint Jean, Jésus nous en fait lui-même l’invitation : « Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres. » (Jn 15, 17) Je suis devant ce défi de la foi en Jésus et vous êtes devant le même défi. Ma devise « Vivre de Jésus et pour Lui » me place tous les jours devant ce défi. Qu’est-ce que cela veut dire aimer quand nous sommes face au regroupement de paroisses, à la fermeture d’une église ou au retrait d’un prêtre résident? Ces choix provoquent des tensions, des blessures. Les perceptions jouent alors; j’en nomme une. Souvent, j’entends dire : « Nous n’avons pas été écoutés? » Plusieurs personnes se sentent écoutés seulement lorsque nous leur donnons raison. Mais « donner raison », est-ce toujours le vrai chemin de l’amour?

Il est important de dire quelle est la mesure de l’amour. Vous savez ce qu’est une mesure. Pensez en cuisine à une tasse à mesurer ; vous mesurez une tasse de lait, de farine, de sucre ou d’eau. Pensez en construction à un galon à mesurer ; vous mesurez la hauteur de la porte ou la largeur de la vitre. Pensez à votre âge, vous avez la mesure des jours, des mois et des années. Pour nous, les croyants en Jésus, qu’est-ce qui mesure notre amour? La vraie question est là. La réponse : la manière d’aimer de Jésus, c’est la mesure de notre amour. Jésus, lui-même, nous le dit en saint Jean : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. » (Jn15, 9)

Je veux vous laisser une image de l’amour de Dieu. J’aimerais vous raconter l’histoire de saint Antoine qui demande à Dieu de l’aider à comprendre son amour. Dieu l’invite alors à venir le rejoindre sur le haut de la montagne. Saint Antoine se met en marche; il grimpe dans la montagne pour rejoindre Dieu tout en haut. Dieu le voit monter. Notre saint tombe sur les roches, il se relève, il reprend la montée. La fatigue le gagne et il se repose. Puis il reprend l’ascension. Il tombe et recule. Il se tourne vers Dieu et lui dit : « Je n’y arriverai pas. » Dieu lui répond : « Ce qui est important, ce n’est pas le fait de tomber. L’important, c’est de se relever et de continuer à avancer vers moi. Je suis avec toi pour te donner toutes les forces dont tu as besoin. » Jésus ne nous donne pas uniquement le modèle de sa mesure. Il nous donne la force d’aimer comme Lui. Nous avons là le deuxième rendez-vous de l’amour de Dieu : l’amour de Jésus.

Le troisième rendez-vous de l’amour de Dieu , c’est Dieu qui entre en dialogue avec chacun et chacune de nous. Comment ça marche le dialogue de Dieu avec nous? Je ne sais pas si vous avez déjà regardé l’émission de télévision Comment c’est fait? L’émission nous montre, par exemple, comment on fait des patates frites. On nous montre toutes les étapes : le lavage des patates, la coupe, la courbe, la cuisson, l’assaisonnement et la mise en sac. L’épisode de l’appel à Samuel, que nous venons d’entendre, nous parle de « comment c’est fait » le dialogue avec Dieu.

Cet après-midi, je ne peux pas parler de toutes les étapes de ce dialogue, mais j’aimerais insister sur deux moments. Premièrement, c’est Dieu qui commence le dialogue avec Samuel. Dieu appelle Samuel comme il appelle chacun et chacune d’entre nous. Samuel entend l’appel et y répond à partir de ce qu’il connaît. Il va voir Élie qui dort près de là et lui répond : « Me voici ». Par trois fois, il va voir Élie, parce qu’il ne sait pas ce qui se passe. Samuel a besoin d’être aidé pour répondre à Dieu, c’est le deuxième point. Élie comprend que Dieu appelle et il accompagne Samuel dans sa rencontre de Dieu : « Tu diras, parle, Seigneur, ton serviteur écoute. » Comme Élie, nous devons apprendre à accompagner nos enfants dans leur rencontre de Dieu. Il devient urgent d’apprendre, comme adultes croyants, à accompagner nos jeunes générations dans leur dialogue avec Dieu. Rien ne pourra remplacer le témoignage d’un parent face à son enfant.

Dimanche dernier, un parent de mon village natal m’a demandé: « Qu’est-ce que vous allez faire à Baie-Comeau pour parler de Dieu? » Je corrige : « Qu’est-ce que nous allons faire ensemble pour parler de Dieu? » Et je donne cette piste : la foi ne se rencontre pas dans des techniques proposées, elle se rencontre dans des espaces d’humanité. Chaque fois que vous partagez, que vous posez un geste de solidarité, que vous pardonnez, que vous donnez des raisons de vivre et d’espérer à quelqu’un; c’est cela que j’appelle un geste d’humanité qui ouvre sur la foi.

Dans le diocèse, nous avons trois langues principales : le français, l’anglais et l’innu. Je n’ai jamais eu de contact avec la langue montagnaise. Selon les circonstances, je verrai le choix le plus approprié. J’ai une formation scolaire dans la langue anglaise, j’ai pris des sessions intensives et je fais de la conversation anglaise toutes les semaines avec un professeur. Mais comme je n’ai jamais eu la possibilité de vivre dans un milieu d’expression anglaise, je reste moins confortable pour tenir une conversation en anglais. Je peux tout de même célébrer et prêcher en anglais avec une bonne préparation. J’aurai donc à me donner un bon entraînement pour améliorer ce point. Le texte de mon homélie de ce soir sera disponible dans les trois langues pour que tous puissent avoir accès à ma vision pastorale dès le début de mon ministère dans le diocèse de Baie-Comeau.

En terminant, je rappelle les trois rendez-vous de l’amour de Dieu auxquels je vous invite à porter attention. Le premier, c’est le Corps de Jésus. Le deuxième, c’est l’amour de Jésus. Et le troisième, c’est le dialogue que Dieu établit avec nous. Que nos vies restent disponibles à l’action de Dieu.

+Jean-Pierre Blais
Évêque de Baie-Comeau
11 mars 2009
Cathédrale de Saint-Jean-Eudes




HOMILY: APPOINTMENTS WITH GOD’S LOVE

My brothers, Bishops,
My brothers, Priests,
My brothers and sisters in Jesus Christ,

This afternoon, we are at the appointment with the catholic Church of Baie-Comeau. With this appointment a new page in the history of the Church of Quebec is being written. The pages of our faith history are written by our own personal engagements in each of our communities. We cannot separate those engagements from this afternoon appointment at the Saint-Jean-Eudes cathedral. In his letter to the Romans, saint Paul insists: “In Christ (…) we are one body; and we are all joined to each other as different parts of one body.” ( Rom. 12,5) All of our engagement of faith are a gesture of the Church, a gesture of the Body of Christ.

At the end of the months of December and January, you, members of this diocese, have invited me to get closer to you in order to build our relationship on a warm welcome and shared solidarities. In our meetings, encounters, sharings, hand shakings, smiles, I have encountered, in you, lovers of the Church. In your faces, Christ has shown me the face of his living Body that I touched, heard and looked at. This Body of Jesus, I call it the first appointment of God’s love. Together, this afternoon, we open our arms to welcome those invited to this appointment of the Church of Baie-Comeau.

From Gatineau-Hull, Montreal, Sherbrooke, Quebec, Rimouski and everywhere in Quebec, the walk had, as a point of rally, the cathedral of Baie-Comeau. The diocese of Ottawa, with Bishop Prendergast is representing Ontario. We thus welcome the members of the unique and only Body of Christ living in Canada. Our gathering shows the diversity of faces of the Body of Christ engaged in the Church and in the world.

I thank my brother bishops or their representatives, for having joined us to give a concrete face to the Church, Body of Christ. I thank the delegation of the diocese of Quebec, people from the diocesan services or people with whom I wove bonds of friendship over the years. I thank the people from this diocese. Your presence allows me to show that we are not isolated, but that we share together the same life in Church.

With the jubilee year 2000, Bishop Morissette launched the diocese of Baie-Comeau in a movement of new evangelization at the level of the formation to Christian life and that of the life of Christian communities. I believe that it is important we pursue this work together in order to establish these two levels of formation.

I would like to tell you that for the first time in the history of the Catholic Church in Quebec, the three dioceses of eastern Quebec forming Inter-East, that is to say Gaspé, Rimouski and Baie-Comeau, have as pastors bishops originally from the diocese of Quebec and personal friends. We will take this opportunity to bring about a better collaboration at the pastoral level and between our dioceses.

I profit by this appointment with the Church of Baie-Comeau to tell you that I come to live with you in order to learn how to love you. In saint John, Jesus himself invites us: “This then is what I command you: love one another.” (Jn 15,17) I am facing the challenge of faith in Jesus and you are facing it also. My motto “To live of Jesus and for Him” puts me in front of this challenge every day. What does it mean to love when we are faced with the regrouping of parishes, the closing of a church, or removing a resident priest? Those are choices that create tensions and brokenness. That is where perceptions play; to name but one: I often hear “We have not been heard”. Many people feel heard only when we agree with them. But “agreeing with”, is it always the real way to love?

It is important to say what is the measure of love. You know what a measure is. Think of a measuring cup in cooking; you measure a cup of milk, of flour, of sugar of water. Think of a measuring tape in construction; you measure the height of a door or the width of a glass. Think of your age, you have the measure of days, months and years. For us, believers in Jesus, what can be used to measure love? The real question is there. The answer: the way of loving Jesus, that is the measure of our love. Jesus himself tells us in saint John: “I love you just as the Father loves me.” (Jn 15,9)

Here is an image of God’s love that I want to leave you. I would like to tell you the story of saint Anthony who is asking God to help him understand his love. God invites him to come and join him on the top of the mountain. Saint Anthony leaves immediately; he climbs the mountain to join God at the top. God sees him climb. Our saint falls on rocks, gets up, and starts again to continue. Fatigue gets to him and he takes a rest. Then he continues climbing. He falls back. He turns toward God and says: “ I will never make it”. But God answers: “The important thing is not the act of falling. What is important is to get up and to continue toward me. I am with you to give you all strength you need.” Jesus does not give us only the model of his measure. He gives us the strength to love like him. Therefore we have there the second appointment of the love of God: the love of Jesus.

The third appointment of the love of God, is God himself who enters into dialogue with each and everyone of us. How does that work, the dialogue of God with us? I don’t know if you have already watched the TV program How it is made? We are shown, for example, how French fries are made. We are shown all the steps: washing the potatoes, the cut, the curb, the cooking, the seasoning and the placing in the bag. The episode of the call of Samuel, that we just heard, tells us how it is made the dialogue with God.

This afternoon, I cannot speak about all the steps of this dialogue, but I would like to stress two moments : First, it is God who starts the dialogue with Samuel. God calls Samuel as he called each and everyone of us. Samuel heard the call and answered it from his own experience. He goes and sees Elias who sleeps nearby and he answers: Here I am. Three times, he went to see Elias, because he does not know what is happening. Samuel needs to be helped to answer God, and this is the second point. Elias understands that God calls and he accompanies Samuel in encountering God. “Say, speak Lord, your servant is listening” Like Elias, we must learn to accompany our children in their meeting with God. It becomes urgent to learn, as adult believers to accompany the young generations in their dialogue with God. Nothing can ever replace the witnessing of a parent for a child.

Last Sunday, a relative from my hometown asked me : « What are you going to do in Baie-Comeau to speak about God? » I correct his question: “What are we going to do together to speak about God?” And I give this clue: faith is not encountered in proposed techniques, it is encountered in human spaces. Each time you share, you show your solidarity, you forgive, you give reasons to live and to hope in someone; this is what I call a gesture of humanity opening on faith.

There are three main languages in the diocese : French, English and Innu. I never had any contact with the Innu Language. I will see what is most appropriate when the time comes. At school I received a formation in English. In 1990, I was in Charlottetown for a six week - session in English. And, I have been practicing my English conversation with a teacher at the rate of once a week for the last six months. As you can see, I am still learning to converse in English. Hopefully, I will get more comfortable as the time goes by. However, I can celebrate and preach in English when I am well prepared. In fact, I am considering a good training to improve this situation. To give access to my pastoral vision at the beginning of my ministry in the diocese of Baie-Comeau, the whole text of this homely will be available in the three languages.

Before closing I am recalling the three appointments of God’s love and I am asking you to pay close attention to them. The first one, the Body of Christ. The second one, the love of Jesus. The third one, is the dialogue that God establishes with us. May our lives remain available to the action of God.

+Jean-Pierre Blais
Bishop of Baie-Comeau
March 11,2009
Cathédrale de Saint-Jean-Eudes



Mgr Jean-Pierre Blais ukatshessimun

Tshishe-Manitu ushatshitun ka natshishkatuiak

Anutshish-kashikat ka mamuituiak kie ka natshishkatuiak ute Baie-Comeau utaiamieu-mamuitunit. Ka natshishkatuiak itenitakuan peikuan kutak tipatshimun ka mashinaitakanit Aiamieu-mamuitun ute Quebec-assit:ekute uitakanut kassinu tshekuan ka tutamak ishpish aiamiaiak. Ka aiamieu-aitiak miam ka aiamaiak ka ishi-tapuetashuiak apu tshi tatipam ashtakanit mak peikuan tshe ashtakanit mamu anutshish ka natshi-aiamiaiak ute tshitshitua Jean-Eudes utaiamieutshuapit.
Miam tshitshitua Paul e mashinamuat Romain-innua uitamueu:
*Peikuan at e mitshetiak tshishinakushinan e uitsheuak Sheshush-Kanisht miam peikuan uiau kie tshuitsheutunan mamu etashiak miam anite tshianat mitshen tshekuan ka uitsheutumakak tatipan eshi-atussemaki. Ka issishueiak kie ka tutamak ka aiamiaiak peikuan miam Kanisht-uiau ka tutak.

Anutshish-pupunut tshinuau Baie-Comeau-aiamieu-mamuitunit,tshuishaminan tshetshi natuapamitikut tshetshi tshitshipaniat tshetshi natshishkatuiak e minuenitamak. Ka ishi-nishtuapataman tshinuau tshi minuatenau Aiamieu-mamuitun.Nete tshitashtamikuauat,Sheshush Kanisht nuapatiniku ka inniumakak Uiau ka uapataman kie ka tatshinaman. Ume Sheshush-uiau ka ishinikataman ushkat Tshishe-Manitu ushatshitun natshishkatun. Anutshish tshuiminu-pitikaitinau anite Baie-Comeau aiamieu-mamuitun-natshishkatunit.

Nete ut Gatinau-Hull, Montreal, Quebec, Rimoushki kie nete ut mishue utshipannu tshetshi mamuitunanut ute Baie-Comeau aiamieutshuapit. Nete ut Ottawa, kaiamituatshet Prendergast mishkutepishtueu Ontario-utinnima. Miam Sheshush-Kanisht uiau peikuan tshitenitakushinau kassinu etashiek ka natshi-aiamiaiek.

Ka minashtakanut minuatikushinanut-pipuna nishu tshishe-mitashu-mitanu-pipuna, Ka aiamituatshet Pierre Morissette natuenitamuepan tshetshi nete Baie-Comeau utaiamieutshuapit kassinu kaiamiaht minuat tshissenitamuniakaniht Sheshush-Kanisht utaimunnu kie tshetshi tshishkutamatishuht Sheshush uminu-tipatshimunnu.
Mishta apitenitakuan kie ishinakuan tshetshi iapit uauitakannit Sheshush-Kanisht utaimuninu.

Ninishtunan ka kaiamitsheiat nete ut Upishtukuiat ka utshipaniat (Gaspe, Rimoushki kie Baie-Comeau)anutshish ka atussemukuiat, nika uitsheutunan kie nika uitshitunan etutamat nitatussenan ka atussemikuiat.

Anutshish-kashikat ka mamuitiat ute Baie-Comeau-utenat, Tshi ui uitamatinau ume: anutshish shuk nitakushin tshetshi uitapimitikut kie tshetshi shatshitikut. Miam nete tshitshitua Jean uminu-tipa- tshimunit Jesus uin uetshit tshuishamakunu:«E shishitshimitikut tshe shatshituiek.» Nin tapue ishinakuan nenu tshetshi tutaman kie tshinuau tapue ishinakuan nenu peikuan tshetshi tutamek.
Ne takuaimatun ka naushunaman tshe apashtaian kaiamituatsheian «Nitinniun anite ut Sheshush mak Uin ut.» «Vivre de Jesus et pour Lui.» Eukuan uet ishinakuan tshetshi shatshitikut.Anutshish papinu animun ka aiamiananut: tshipaikanu aiamieutshuap put kie natshishk pushit kauapikuesht... Nipeten ka inanut: «Apu ut apitenimukuiat.» Passe innuat itenitamuat ka pishitshikut kie ka uitshikut patush katshitinahk nenu tshekuannu ka natuenitahk. Muku namieu ne ka minuat shatshitun.

Ishinakuan tshetshi uitamatikut tan ishpish kuanat shatshitun.
Mitshetuau apashtakanut tipaikan e piminuenanut,mitshuap e tutakanit..., miam tshitshitua Paul(Ephesiens3,18)«Tshe nishtutamek mamu kassinu ka aiamiaht tan eshinakashkanit, tan eshkuanit,tan eshpatananit,tan eshi-kuananit Sheshush-Kanisht ushatshitun.» Tan mak kuanat tshishatshitunan. Miam Sheshush ka shatshitak eukuan tshe shatshitaiak. Sheshush uin uetshit tshuitamakunu nete tshitshitua Jean u minu-tipatshimunit:«Miam ka Ukussit ka ishpish shatshit kie nin eukuan eshpish shatshitikut.»(Jn19,9)

Tshui uitamatinau tan eshi-mishat Tshishe-Manitu ushatshitun.
Tshitipatshimushtatinau tshitshitua Antoine ka pakushenimat Tshishe-Manitu tshe nishtutamunikut ushatshitunnu. Tshishe-Manitu uishameu tshitshitua Antoine tshe natuapamikut nete takutaut utshit.Tshitshitua Antoine tshitshipanu eiametshuet nete utshit tshetshi natuapamat Tshishe-Manitua; patshishinu, ekue kau pashikut, ekue minuat pimuteu; minuat patshishinu, kau pashiku, minuat pashiku, ekue katshi mitshetuau patshishinit, anueuepit, natshikapushtueu Tshishe-Manitua,ekue itat:«Apu nikut utitaman takutakut.» Eku itiku: «Ka etapatit namieu ka patshishinin; tiekut mak ne ka etapatit eukuan tshe pashikuin kie tshe iapit pimutein tshe natuapamin. Tshuitsheutin mak tshetshi minitan shutshishiun ka ui apashtain.» Sheshush tshui minikunu shutshishiunu tshetshi shatshitaiat miam Uin ka shatshitak.Sheshush ka shatshituk shash eukuan ne nishuau ka natshishkatak Tshishe-Manitu.

Eku anutshish shash katshi nishtiht ka natshishkatak Tshishe-Manitu eukuan Tshishe-Manitu ka aimituk papeik etashiak.Tan mak ishi-ishpanit ka aimituiak Tshishe-Manitu kie tshinanu. Mishta-shashish eshku eka tat Sheshush, ka nikan tshissenitak Elie uitapimepan napesha Samuel nete aiamieutshuapit. Tshishe-Manitu Uin nishtam uishameu Samuel e nipaniti. Nishtuau Ka Tipenitak uishameu Samuel, mak Samuel apu ut nishtutak kie Elie ka nikan-tshissenitak shitshimeu Samuel tshetshi natshi-nipaniti.

Eku natuapamikut Ka Tipenitaminiti,ekue itikut: «Samuel.Samuel!» Eku Samuel etat: «Aimi,Ka Tipenimin,eukuan Nin,tshikupaniem tshipishitshitatin.!» Mamitunenitetau: nishtam Tshishe-Manitu ka uishamat Samuel. Tshishe-Manitu tshuishamukunu papeik etashiak. Samuel petam ka uishamikut Tshishe-Manitu mak kueshte-aimit issishueu eka ka nishtuapatak nenu tshekuannu; natuapameu Elie ka nikan-tshissenitaminiti pessish ka nipaniti kie iteu: «Eukuan Nin!» Nishtuau eshi-tutak niatuapamat Elie pessish ka nipaniti; uesh mak apu ut tshissenitak ka inanut.
Takuan Samuel tshetshi uitshiakanit tshetshi kueshte uitamuat tshekuannu Ka Tipenitaminiti. Eukuan shash nish tshekuan.
Elie nissitutueu Tshishe-Manitua ka uishaminiti Samuel, ekue uitshueu Samuel tshetshi natshishkuaniti Tshishe-Manitua: «Aimi,Ka Tipenimin,tshikupaniem natutam.» Miam Elie ka nikan-tshissenitak ka uitsheuat Samuel, ishinakuan tshetshi uitshueuak auassat nietshishkatak Tshishe-Manitu. Nitshenat utauiauau kie ukauiauau tshipa tshi uitshueuat utauassima; apu kutak auen.

Minashtakanit ka aiamiaian nete utenat ka utshipanian, peik auen kukuetshimit: «Tshekuan tshika tuten nete Baie-Comeau aiamieu-tshuapit.» Nin mak mishkut nuitamuau: «Tshekuan mamu tshe tutamak.» Etatuau tutamek tshekuan tshe uitshiek kie tshe minu-tutuek tshitshinnuaua, tshuitshiuaua tshetshi aiamiat.

Ute Baie-Comeau-aiamieutshuapit, nishtuit aimun: uimishtikushu-aimun, akanisha-aimun kie innu-aimun. Apu shuk pukutaian tshetshi akanisha-aimian mak eshkua ne aimun nitshishkutamatishun. Apu innu-aimian mak anutshish ne ka katshessimuian tshika innu-ashtakanu.

Minuat tshuitamatinau nenu: nishtuit ka mamuituiat ka shatshituk Tshishe-Manitu: Sheshush-uiau, Sheshush ushatshitun, kaimituiak Tshishe-Manitu mak tshinanu.

Tshima aieshkupiak tshetshi tapuetuak Tshishe-Manitu.

+Jean-Pierre Blais
Évêque de Baie-Comeau
11 mars 2009
Cathédrale de Saint-Jean-Eudes






 

 

 

 

 


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