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La conservation de nos églises


Lors de mes visites pastorales, plusieurs paroissiennes et paroissiens me parlent de leurs inquiétudes devant la diminution du nombre de catholiques qui participent à la vie sacramentelle à l’église ; ils me confient aussi leur préoccupation face à la conservation de leur église. Il va sans dire que ces deux sujets sont intimement liés puisque la conservation d’une église est plus facile quand le plus grand nombre possible de paroissiens contribuent à la vie paroissiale. Dans ce texte, je veux prendre le temps de regarder les différents moyens qui peuvent être mis en œuvre pour assurer l’entretien et la conservation d’une église paroissiale.

Dans un premier temps, distinguons entretien régulier et réparations majeures. Nous parlons d’entretien régulier quand nous réparons une porte, le perron ou une fenêtre. Habituellement, les gens qui fréquentent régulièrement l’église peuvent garantir cet entretien. Nous parlons de réparations majeures lorsqu’il s’agit de la réfection globale du bâtiment afin d’assurer sa pérennité. Pour ce qui est de ces réparations, souvent, elles ne peuvent se réaliser sans une subvention et/ou une campagne spéciale de financement.

Je vous propose ici des pistes à explorer pour nous donner les moyens de relever le défi de la conservation des églises.

Première piste

La première piste est de faire de la conservation de l’église un projet auquel participe la collectivité élargie du milieu et non seulement les « habitués » des célébrations liturgiques. C’est pourquoi il est important de sensibiliser l’ensemble de la population à sa responsabilité d’assurer l’avenir de l’église paroissiale. Nos églises de villages représentent plus qu’un lieu de culte ; elles s’inscrivent dans l’histoire sociale des communautés et font partie de la vie publique et culturelle. Ce développement historique a laissé un fort sens d’appartenance et d’attachement à nos édifices religieux, même chez ceux et celles qui les fréquentent peu. Derrière le bâtiment-église, il y a toujours eu une communauté de personnes croyantes, pourquoi ne pourrait-on pas aussi y retrouver une communauté sociale, civile et publique?

Luc Noppens, architecte, s’est appuyé sur cette vision pour soutenir tout un mouvement de sensibilisation à la conservation des églises en lançant un thème simple : « Nos églises, ce sont nos châteaux ». M. Noppens s’est laissé toucher par leurs aspects patrimonial, culturel et architectural. Nos communautés n’ont pas uniquement créé des lieux de culte, elles ont créé des oeuvres d’art qui constituent une partie importante de notre héritage patrimonial. C’est à ce titre qu’il voit la justification pour l’état d’accorder des subventions aux Églises pour la conservation de ce patrimonial bâti qui est d’intérêt public.

Deuxième piste

La deuxième piste est de développer d’autres usages à nos églises tout en y maintenant le culte religieux. Pour ce faire, je privilégie de trouver des usages qui soient compatibles avec les valeurs de notre foi. On parle alors d’églises à vocation partagée. La particularité de cette voie est de faire porter le coût d’entretien du bâtiment par un ou plusieurs partenaires qui utilisent l’église conjointement avec la paroisse.

Deux types de projets entrent dans l’orientation d’une « église à vocation partagée ». Le premier est la location de l’église à un organisme pour une activité ponctuelle ; par exemple, le Festival de la chanson de Tadoussac loue le chœur et la nef pour y tenir des événements artistiques.

Le deuxième type de projet est le partage du bâtiment avec un autre partenaire. Ce modèle existe dans notre diocèse à Lourdes-de-Blanc-Sablon où église et presbytère forment un seul bâtiment. Le Centre de santé et de services sociaux a acheté la partie du bâtiment qui servait de presbytère. L’avantage de ce modèle est le partage des coûts fixes de l’électricité et du chauffage, mais aussi des réparations. Ainsi quand le temps fut venu de refaire la toiture du bâtiment, les coûts ont été partagés entre la paroisse et le CSSS.

Dans ce type de projet, il y a aussi la possibilité de locations d’espace par bail emphytéotique pour une utilisation par la communauté civile et/ou par des organismes communautaires. Par exemple, une église du diocèse de Rimouski a cédé des espaces dans la nef de l’église pour installer la bibliothèque municipale; à l’église Jacques-Cartier de la paroisse Notre-Dame-de-Saint-Roch au diocèse de Québec, le dessous des jubés latéraux est utilisé par des organismes communautaires pour faire des bureaux.

Troisième piste

La troisième piste est le développement d’un partenariat avec les institutions municipales. Cette dernière piste exige que la paroisse cède son droit de propriété sur l’église, afin que la municipalité soit admissible pour des subventions dans le cadre de ses projets d’infrastructures ou tout simplement pour dégager un budget pour l’entretien et les réparations.

Le modèle le plus connu est l’église de la paroisse Saint-Gabriel de la Durantaye dans le diocèse de Québec. Cette église a été achetée par la municipalité et transformée en centre communautaire en respectant son architecture et en préservant le chœur qui reste à l’usage unique de la paroisse. Le changement le plus évident, ce sont les bancs qui ont été enlevés, mais avec l’ajout de chaises à la messe du dimanche, les paroissiens retrouvent l’église qu’ils ont connue.

J’ai été témoin ou partie prenante de plusieurs de ces exemples. Je sais donc qu’il y a des possibilités. Cependant, il faut savoir reconnaître les états de fait, y réagir quand il le faut et démontrer patience et bonne foi quand il y a des opportunités à saisir. Tout ceci, sans précipiter les événements. Cette démarche implique un doigté dans les communications et une vision de l’avenir pour notre Église.

N’oublions jamais que l’avenir de nos communautés chrétiennes ne dépend pas de la conservation des églises, mais plutôt de leur capacité de témoigner de leur foi en Jésus Christ et d’en vivre. Cette vivacité de la communauté reste notre principale préoccupation. Par conséquent, notre plus grand défi demeure le suivant: « Que faisons-nous pour aider à construire des communautés chrétiennes vivantes ? »


+Jean-Pierre Blais
Évêque du diocèse de Baie-Comeau







Garder le cap sur une Église missionnaire et communautaire


En ce début de l’année pastorale, je trouve important d’attirer votre attention sur ce qui fait l’unité de nos activités pastorales et de regarder avec vous comment, par son engagement au service de la communauté, chacun et chacune participe à la vie de l’ensemble de l’Église diocésaine.

Depuis plusieurs années, l’accent est mis sur un but commun à atteindre pour les catholiques que nous sommes : « Bâtir une Église missionnaire et communautaire ». Les parcours à la vie chrétienne pour jeunes et adultes, les célébrations liturgiques, les diverses formes de solidarité, l’administration financière des paroisses ou la recherche de réponses à l’avenir de nos églises, c’est par tous ces gestes que nous apportons notre pierre à la construction de cette église missionnaire et communautaire.

Nous n’avons pas inventé cette vision de l’Église; dans le document Lumen Gentium, le Concile Vatican II a mis en lumière ces deux aspects de l’Église que je vous résume ainsi: « L’Église, c’est l’ensemble des disciples de Jésus qui cherchent à vivre comme des frères et des sœurs parce qu’ils se reconnaissent les enfants de Dieu, notre Père commun. À l’image des personnes de la Trinité, ils vivent en communion de cœur et d’esprit avec Jésus, animés de son Esprit. Ils forment une Église communauté de chrétiens. » « Comme disciples, ils entendent aussi chacun personnellement et comme communauté l’appel de Jésus à poursuivre sa mission : "De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ". (Jn 20, 21) L’Église est missionnaire parce qu’elle se situe dans la mission de Jésus. »

Cette présentation nous aide à voir comment l’Église missionnaire et l’Église communautaire sont étroitement liées à la personne de Jésus mort et ressuscité. Ce sont deux aspects de la même Église du Christ. En partageant la mission de Jésus, nous constituons une assemblée de foi missionnaire ou Église missionnaire. Nous portons la responsabilité de poursuivre la mission de Jésus. Cette mission, nous ne pouvons la réaliser qu’ensemble, avec tous ceux et celles qui ont aussi reçu l’appel de Jésus et y ont répondu. Ce mouvement de l’appel de Jésus et notre réponse sont les liens communs qui nous forment en communauté chrétienne.

Le pape Jean-Paul II a mis de l’avant une perspective de nouvelle évangélisation pour notre Église. Il ne s’agit pas d’une nouvelle vision d’Église. L’expression et l’idée de la nouvelle évangélisation ont été lancées par le pape Jean-Paul II à l’occasion de l’exhortation apostolique post-synodale « Christifideles Laici » (Les fidèles laïcs) publiée en 1988. Le numéro 34 de cette exhortation est titré « L’heure est venue d’entreprendre une nouvelle évangélisation ». Dix ans plus tard, le pape Jean-Paul II reprend ce même sujet dans l’exhortation apostolique post-synodale « Ecclesia in America » (l’Église en Amérique) publié en 1999. Le chapitre 6 de cette même exhortation développe le thème suivant « La mission de l’Église aujourd’hui en Amérique : la nouvelle évangélisation ».

Jean-Paul II est intervenu pour recentrer les activités de l’Église missionnaire et communautaire sur sa priorité : l’évangélisation. Le pape a constaté, avec bien d’autres auteurs, la situation du monde occidental : la déchristianisation, l’indifférence religieuse, la sécularisation et la perte des repères de foi. Il a acquis la conviction qu’il nous partage dans Christifideles Laici : « Seule une nouvelle évangélisation peut garantir la croissance d’une foi claire et profonde, capable de faire de ces traditions une force de réelle liberté. » ( no 34)

Dans ces documents, Jean-Paul II dégage des accents dont nous devons tenir compte pour l’évangélisation. J’en retiens quelques-uns :

Le premier accent est le but de la nouvelle évangélisation : « Cette nouvelle évangélisation […] est destinée à la formation de communions ecclésiales mûres, c’est-à-dire où la foi répand et réalise tout son sens originel d’adhésion à la personne du Christ et à son Évangile. » (C.L. no 34) Cette affirmation place clairement la communauté au cœur de l’activité pastorale ; la communauté est une priorité.

Le deuxième accent est la responsabilité pastorale partagée entre tous les baptisés : « La nouveauté chrétienne est le fondement et le titre de l’égalité de tous ceux qui sont les baptisés dans le Christ, de tous les membres du Peuple de Dieu […] En vertu de cette dignité baptismale commune, le fidèle laïc est co-responsable, avec les ministres ordonnés et avec les religieux et les religieuses de la mission de l’Église. » (C.L. no 15)

Le troisième accent que je mets en lumière, c’est la nécessité d’une annonce explicite de la foi par la catéchèse : « La nouvelle évangélisation, dans laquelle tout le continent est engagé, montre que la foi ne peut pas être présupposée mais qu’elle doit être proposée explicitement dans toute son ampleur et dans toute sa richesse. » (E.A. no 69)

Au diocèse de Baie-Comeau, nous sommes entrés dans ces orientations depuis de nombreuses années. Les parcours de formation à la vie chrétienne, le guide de la démarche catéchuménale, les équipes de la communauté locale ou la journée diocésaine des jeunes sont autant de manières de proposer l’évangile aujourd’hui et de confier aux laïcs les tâches qui leur reviennent dans ce vaste chantier. Il est important de prendre conscience que la mise en place des formations, les engagements pastoraux de chacun, les réaménagements du service des prêtres et des agentes de pastorale, les consultations auprès de nos membres ne sont pas que des moyens en vue de cette nouvelle évangélisation, mais font partie de la nouvelle évangélisation elle-même qui bâtit une Église missionnaire et communautaire.

Bien d’autres pas restent à faire pour assurer une relève d’évangélisateurs et d’évangélisatrices, autant bénévoles que permanents. Jésus nous a fait une promesse: « Voici que je suis avec vous pour toujours jusqu'à la fin du monde ». (Mt 28, 20) Je vous invite à vous appuyer sur cette parole du Seigneur pour relever les défis actuels et à venir du diocèse.

Enfin, je confie notre année pastorale à saint Jean Eudes, patron de notre diocèse et grand évangélisateur, père, docteur et apôtre du culte liturgique au cœur de Jésus et de Marie. Qu’il veille sur chacun et chacune de nous!


+Jean-Pierre Blais
Évêque du diocèse de Baie-Comeau







Concilier environnement et travail: une fierté


Le premier mai a été retenu pour souligner la fête des travailleurs et des travailleuses dans le monde. L’Église a fait du pouce sur cet événement pour instituer la fête de Saint Joseph menuisier et nous le présenter comme un travailleur modèle de notre foi. En cette fête, la liturgie nous rappelle la noblesse et les misères du travail humain dans un monde déchiré par les injustices. L’Assemblée des évêques catholiques du Québec n’a pas voulu en rester à la liturgie pour rejoindre le monde des travailleurs. Par son comité des affaires sociales, elle a décidé d’écrire une lettre annuelle aux travailleurs et travailleuses le premier mai.

Je trouve important de vous sensibiliser à cette lettre pour vous motiver à la diffuser dans le monde du travail. Les membres du Comité des affaires sociales de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec ont choisi en 2011 le thème « Concilier environnement et travail : une fierté ». À travers ce thème, les évêques nous invitent à poser un regard sur le sens que nous donnons à notre travail.

Pour illustrer comment le sens donné à nos actions peut changer totalement la vision que nous avons d’elles, l’image du casseur de pierres nous est proposée: « Un jour des casseurs de pierre se plaignaient : y-a-t-il travail plus exténuant et plus abrutissant que de casser des pierres ? Plus loin, un autre groupe, qui exécutait le même travail, dit fièrement : vous savez, ces pierres vont servir à la construction de la cathédrale, là-bas. » Cela signifie que lorsque mon attention est attirée par la fatigue du travail des pierres, je vois ma sueur, mais lorsque mon attention est attirée par l’usage des pierres, j’y vois la construction de mes mains. C’est dans ce dernier regard qu’est le lien entre travail et environnement. Quelque soit le genre de travail que je fais, il a un impact sur l’environnement.

Nous pouvons nous demander : Quelles sont les traces que nos activités humaines laissent dans notre environnement ? De plus en plus de groupes essaient de nous éveiller au souci de la création. Comment je dispose de mes déchets domestiques ? Comment je laisse le terrain après une fin de semaine de camping ? Quel est l’impact des cimetières d’autos, des rejets de carbone ou des fuites de pétrole sur la nature animale, végétale, l’air ou l’eau?

La protection de l’environnement ne peut pas reposer sur un seul individu. Toute la société est concernée et elle fait appel à l’engagement ferme des États et de nos gouvernants à l’échelle internationale. Nous sommes invités à les appuyer sans réserve et, au besoin, à les inviter à mieux prendre leurs responsabilités.

La lettre nous présente des initiatives qui vont dans la bonne direction; en voici quelques-unes :

- Des fermes agricoles ont aménagé leurs bâtiments afin de permettre à leurs animaux de se déplacer et de profiter d’un contact avec la nature.

- Une ville comme Montréal mise de plus en plus sur le transport en commun et la réduction des rejets de gaz à effet de serre : trains de banlieue, covoiturage, service de vélo, coopérative d’usagers de l’auto, etc.

- Dans plusieurs commerces, les personnes affectées à la caisse nous offrent un sac réutilisable. Ailleurs, on adopte la proposition de Développement et Paix de créer des « zones libres d’eau embouteillée ». De plus, le recyclage continue à susciter beaucoup d’efforts.

- Pour autant que les habitants et l’environnement soient respectés, la filière éolienne ajoute à l’hydroélectricité un supplément d’énergie verte et renouvelable.

- Le centre canadien d’œcuménisme soutient les communautés chrétiennes à adopter de meilleures pratiques environnementales.

Tous ces exemples peuvent susciter un effet d’entraînement, même si ça peut paraître peu. La chanson ne dit-elle pas : « N’oublie pas que ce sont les gouttes d’eau qui alimentent le creux des ruisseaux. » Tous ces gestes de respect de la création viennent rejoindre la fierté du Créateur pour celle-ci qui à chaque étape s’est écrié : « Cela est bon ».

Le comité poursuit sa lettre en ajoutant ce lien au Créateur : « L’Auteur de la vie confia le paradis terrestre aux premiers êtres humains afin de le cultiver et le garder » (Gn 2, 15). Cela est une toute première formulation du développement durable. De plus, notre foi nous fait voir que Jésus Christ éclaire notre rapport avec l’univers d’une manière nouvelle, celle de l’amour qui va jusqu’à donner sa vie. N’est-il pas naturel de faire le lien entre cette loi de l’amour et l’écologie ?
Ce texte du livre de la Genèse, vient ouvrir les extraits de la Parole de Dieu qui nous sont proclamés pendant la Veillée pascale pour raconter l’histoire de la relation entre Dieu et l’humanité. La relation entre Dieu et l’univers est l’image qui nous est donnée pour comprendre notre propre relation avec la création. Dieu fait alliance avec nous dans la création qu’il nous donne. Dans son alliance, Dieu nous confie la création pour la développer en y laissant des traces contribuant à son achèvement. Jésus Christ est la trace que Dieu place lui-même avec la nôtre. Au cœur de notre travail, nous ne devons pas oublier que nous sommes des pierres vivantes dans la construction de l’univers. C’est cette vision de notre foi qui nous inspire pendant tout le temps pascal : « Prenez courage ! Vous êtes des pierres vivantes ».

Même si nous avons conscience qu’il nous reste bien du travail, puissions-nous goûter la fierté de concilier environnement et travail.


+Jean-Pierre Blais
Évêque du diocèse de Baie-Comeau







Résurrection ou réincarnation ?


Dans les rencontres d’approfondissement du mystère de notre foi, il y a une question qui revient fréquemment: « Comment pouvons-nous montrer la différence entre la résurrection et la réincarnation ? » L’entrée en carême qui nous conduit à la fête de Pâques m’ouvre la porte pour vous offrir une présentation de ce sujet.

La fête de Pâques vient mettre l’accent dans nos existences sur ce qui se passe sur l’autre rive après la mort. Dans notre monde actuel, il existe trois réponses devant le fait universel de la mort. La première est brève : « Rien ». Cette réponse nous laisse dans le vide ; je ne m’arrêterai donc pas à celle-ci. Le christianisme donne la réponse de la résurrection : c’est le don d’une vie éternelle d’amour par Dieu et en compagnie de Dieu, au-delà de la mort. L’hindouisme et le bouddhisme donnent la réponse de la réincarnation : c’est la réponse en des existences corporelles et terrestres successives.

Jusqu’à tout récemment, la foi en la résurrection était la croyance communément admise en Occident et dans l’Orient touché par le christianisme. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. De plus en plus d’occidentaux se laissent séduire par la croyance en la réincarnation. Qu’est-ce qui a amené ce déplacement ? C’est le changement de vision de la réincarnation que le mouvement ésotérique et le Nouvel Âge ont introduit dans cette doctrine.

Au début, l’hindouisme et le bouddhisme ne connaissaient pas la réincarnation. C’est vers 750 ans avant J.C. que cette doctrine est apparue. En résumé, c’est ceci qui est enseigné: à la mort de l’être humain, il ne reste que le mystère de son être profond qui survit avec la loi du karma. Le karma veut dire : l’acte et ses conséquences. Selon cette loi karmique, la situation dans laquelle nous naissons dépend uniquement de la qualité des actes que nous avons posés au cours de nos vies antérieures. Nos vies successives nous permettent de nous purifier du mal fait dans nos vies antérieures jusqu’au détachement complet avec le monde corporel. Le terme de cette marche est de rejoindre la conscience du divin. Il est bon d’ajouter que le mystère de l’être profond n’est pas une âme qui passerait d’un corps à un autre, mais une conscience spirituelle et mystérieuse qui n’a pas de personnalité.

Dans cette vision, la réincarnation n’est pas une bonne nouvelle. Elle est une punition qu’il faut subir avant d’en arriver à la paix totale.

Le mouvement ésotérique et le Nouvel Âge ne mettent plus l’accent sur l’idée de purification dans la réincarnation. Ils mettent l’accent sur le moi qui pousse plus loin son développement ; la réincarnation devient ainsi un processus de réalisation de soi. La nouvelle vie est une chance de perfectionnement, une chance d’accéder à plus d’expérience et de savoir. Nous comprenons que cette vision peut être séduisante dans notre monde individuel : l’individu a alors l’impression de contrôler son progrès, de ne pas être lié à Dieu.

La réincarnation et la résurrection sont porteuses d’une conception différente et incompatible de Dieu, de l’homme, de l’histoire et du salut. Ces deux mots ne vont pas ensemble ; il est donc impossible de croire aux deux en même temps. Comparons ces conceptions dans les deux visions :

DIEU ET L’UNIVERS

Réincarnation : Dieu est une réalité énergétique ; la conscience universelle à la base de tout l’univers. Il anime la matière qui est parcelle de Dieu et l’organise. L’univers est une réalité vivante, intelligente et sensible qui est Dieu lui-même. Dieu ne crée pas, il est le Tout.

Résurrection : Dieu nous a donné son Fils. Le Père et le Fils nous ont donné leur Esprit. Dieu est un don d’amour. Il partage sa vie même. Sa vie porte un nom : la sainte Trinité. Dieu a créé le ciel et la terre. Il est extérieur au monde. Il ne commence pas et ne finit pas ; Il est éternellement vivant et présent.

L’ÊTRE HUMAIN

Réincarnation : L’être humain est la conscience individualisée de la conscience universelle qu’est la divinité. Elle est étincelle de la divinité à laquelle elle veut retourner pour se fusionner en abandonnant toute forme de matérialité. C’est comme la goutte d’eau qui retourne à l’océan et qui s’y perd.

Résurrection : L’homme et la femme sont créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. L’acte de création est un appel à une relation interpersonnelle avec Dieu. Nous sommes appelés à vivre en communion avec Dieu dans une nouvelle vie glorifiée après la mort. La promesse de Dieu est que nous ressusciterons tous.

L’HISTOIRE

Réincarnation : Elle est cyclique, c’est l’éternel recommencement. Nous revenons au matin, à la nuit, à la nouvelle année. Il n’y a rien de neuf sous le soleil ni d’irréversible. Des existences ultérieures nous permettront de corriger nous-mêmes ce qui a pu être raté dans nos différentes existences.

Résurrection : Elle est linéaire et aspirée vers son accomplissement dans le Royaume. Elle va s’achever dans la rencontre de Dieu sans confusion et sans fusion entre Dieu et la création. Elle engage des choix définitifs qui ont une conséquence sur ma vie personnelle et la vie des autres.

LE SALUT

Réincarnation : La souffrance est l’expiation de ses fautes passées. La mort est un arrêt avant de reprendre son développement. Il n’y a pas de Dieu Sauveur. Il faut que l’esprit humain obtienne par lui-même la paix à travers des essais de vies multiples par l’acquisition des connaissances nécessaires.

Résurrection : Chacun est unique aux yeux de Dieu qui nous a aimés le premier. Il prend sur lui tout à fait gratuitement l’obstacle de la souffrance et de la mort. Il nous fait entrer en communion avec lui sans qu’il y ait confusion entre moi et Lui. La mort et la résurrection du Christ nous font entrer dans la Vie nouvelle en Dieu.

Avec le Christ, Dieu a pris charge de notre purification pour « devenir parfait comme notre Père céleste est parfait » (Mt 5, 48). Avec le carême qui vient, prenons la route du cœur et rencontrons Jésus le Ressuscité qui vit avec nous.


+Jean-Pierre Blais
Évêque du diocèse de Baie-Comeau







Voeux de la nouvelle année de notre évêque


Même si l’année est vieille de quelques semaines, il n’est pas trop tard pour présenter mes vœux de la nouvelle année 2011 à l’Église de la Côte-Nord.

Mon premier souhait est que nous puissions garder notre fierté d’être membres de l’Église catholique. En Église, nous affrontons des vents contraires : l’appauvrissement de nos réseaux institutionnels, la diminution du nombre de bénévoles et la crise des prêtres pédophiles. Tous ces faits n’enlèvent rien à la beauté du message que nous portons : Dieu a fait alliance avec nous pour nous rassembler dans une même famille. Faisons alliance entre nous puisque nous sommes frères et sœurs dans le Christ.

Mon deuxième souhait : que chacune et chacun puisse apprendre à reconnaître les richesses personnelles de sa vie et de celles des autres pour qu’elles deviennent ce « trésor partagé » avec la communauté. Ce serait une bonne manière de nourrir la solidarité et la fraternité chrétiennes entre nous.

Mon troisième souhait : que nous portions un regard attentif et vigilant sur les membres de notre communauté pour les interpeller à prendre la relève dans nos différents champs pastoraux. Nous avons des besoins pour le ministère ordonné, le ministère laïc et les bénévoles engagés. Aux États-Unis, on appelle cette attitude « Call by name » où toute la communauté se sent responsable de s’impliquer dans une relève ecclésiale.

Mon quatrième souhait : que nous puissions davantage témoigner de la dignité de la vie dans nos manières de vivre nos relations en accordant une place de choix à chacune des personnes dans nos groupes pastoraux.

Bonne Année 2011 !


+Jean-Pierre Blais
Évêque du diocèse de Baie-Comeau










 

 

 

 

 


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