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Homélie pour l’ouverture de l’Année de la foi


Ce jeudi soir, un bon nombre de communautés chrétiennes du diocèse se rassemblent dans leur église comme nous le faisons ici à la cathédrale. Avec elles et en communion avec les catholiques du monde entier, nous nous unissons au pape et à l’Église de Rome. Le pape Benoît XVI ouvre officiellement l’Année de la foi en ce 11 octobre 2012, jour du cinquantième anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II et du vingtième anniversaire de la publication du Catéchisme de l’Église catholique. Cette année spéciale se terminera en la fête du Christ-Roi de l’univers, le 24 novembre 2013.

Pourquoi une Année de la foi? Le Concile Vatican II a voulu ouvrir la porte de la foi à toute personne de bonne volonté en sachant que le Christ se tient à cette porte. Jésus insiste en saint Luc : « Celui qui demande, reçoit ; celui qui cherche, trouve ; et pour celui qui frappe, la porte s’ouvre. » ( Lc 11, 9-10 ) Autrement dit : Celui qui demande au Christ, reçoit du Christ ; celui qui cherche le Christ, trouve le Christ ; et pour celui qui frappe à la porte du Christ, le Christ ouvre.

Il ne s’agit pas de croire que Dieu existe, mais de croire que nous existons pour Dieu. On se demande souvent : « Est-ce que Dieu s’intéresse à ma vie personnelle ? Peut-il intervenir dans mon histoire personnelle et celle de l’humanité pour notre bien ? » Depuis Abraham, la foi a répondu « oui » à ces questions et c’est cette expérience fondamentale qui a mis en route la tradition spirituelle juive sur laquelle la tradition chrétienne s’est greffée en Jésus-Christ.

Dans notre désir de connaître Dieu, il y a le danger de construire un Dieu selon nos vues toutes humaines et à notre portée. Le Dieu de la vie est toujours au-delà de ce que nous en pensons et des images que nous nous en faisons. Saint Augustin nous dit : « Si tu le comprends, ce n’est plus Dieu. » Croire ne peut être qu’un don de Dieu, parce que seul Dieu peut nous parler de Lui. Pascal nous avait dit : « Dieu parle bien de Dieu. »

C’est dans ce sens que le pape écrit au début de sa lettre apostolique Porta fidei : « La porte de la foi introduit à la vie de communion avec Dieu, permet l’entrée dans son Église et est toujours ouverte pour nous. » Il s’agit donc de franchir cette porte qui nous introduit sur le chemin de la vie avec Jésus de Nazareth. Comme la samaritaine, nous nous rendons au puits pour écouter Jésus qui nous invite à croire en lui et à puiser à sa source qui donne la vie éternelle.

Le pape Jean XXIII avait convoqué le Concile Vatican II pour nous permettre de redécouvrir et d’approfondir notre foi afin de mieux la proposer. L’Année de la foi porte ces deux objectifs : approfondir sa foi et l’annoncer.

Pour marcher avec Jésus sur ce chemin missionnaire, je vous invite à porter attention à quatre particularités de cet engagement.

Rechercher une conversion authentique à Jésus, le Fils unique du Père : La foi est une rencontre avec Dieu et son envoyé, Jésus-Christ. Nous devons constamment nous tourner vers le Seigneur Jésus pour répondre au dialogue que Dieu entretient avec nous. Nous sommes entrés dans une forme de fatigue de la foi que le pape appelle « la fatigue du fait d’être chrétiens ». La paresse de la foi nous guette et est peut-être déjà installée chez plusieurs. Le pape Benoît XVI nous prévient : « Si la foi ne retrouve pas une nouvelle vitalité en devenant une conviction profonde et une force réelle grâce à la rencontre de Jésus-Christ, toutes les autres réformes resteront inefficaces ». La célébration de la foi dans la liturgie et spécialement lors de la messe du dimanche restera le moyen à privilégier cette année pour garder un esprit de conversion à Jésus.

Approfondir le contenu de notre foi : « Un des graves problèmes de l’Église est la mauvaise connaissance de la foi, l'analphabétisme religieux... qui nous empêche de grandir […] Faisons notre possible pour le renouveau catéchistique, afin que la foi soit connue et par elle Dieu et le Christ, » explique le pape. Pour nous aider à redécouvrir les contenus de notre foi, le diocèse et les paroisses feront différentes propositions. Pensons déjà à la formation à la vie chrétienne, aux catéchèses pour jeunes et moins jeunes, au ressourcement « Pèlerin d’un jour » animé par une équipe de prêtres diocésains et à la présentation du Youcat, catéchisme pour les jeunes, par la famille Myriam Beth’léem. Les textes du Concile Vatican II seront bien sûr à visiter. Pour que ces moyens soient efficaces, il faudra rester disponible à l’action de Dieu qui ouvre le cœur.

Témoigner de sa foi : Nous rejoignons bien des gens par notre façon de vivre. Voici le témoignage marquant d’un prisonnier : « J’ai 78 ans et encore trois ans de prison à faire. Je ne sais pas si je vivrai jusque-là. J’en ai tellement fait dans ma vie que je me suis toujours dit : si Dieu existe, il ne peut pas me pardonner. Or l’autre jour, j’ai appris que la religieuse qui tient notre infirmerie est là, prisonnière volontaire en quelque sorte, depuis plus de quinze ans. Cela n’est pas simplement humain. Cela veut dire que Dieu existe et qu’il peut me pardonner. » Ce vieil homme a demandé le baptême. La foi et la charité parlent fort. Pratiquons la charité et la foi parlera…

Évangéliser : Nous avons la responsabilité de faire connaître l’évangile de Jésus-Christ. Jean-Paul II l’a rappelé : « La foi s’affermit lorsqu’on la donne ». Jésus nous accompagne dans notre vie et c’est Lui qui nous envoie annoncer l’évangile : « De toutes les nations, faites des disciples ». N’hésitez pas à parler de la foi à vos enfants, à vos petits-enfants, aux jeunes en catéchèse, aux malades; toutes les portes sont ouvertes pour rencontrer Dieu.

Je souhaite à tous les membres des communautés un bon pèlerinage aux sources de notre foi. Je vous assure de ma prière.


+ Jean-Pierre Blais
Évêque du diocèse de Baie-Comeau






Un défi majeur pour notre Église


Dans une conférence donnée sur les médias au Vatican, le directeur de l’hebdomadaire français « Le Point », Franz-Olivier Giesbert, partageait cette vision : « Sachez que l’Église n’est plus le centre du monde mais son point de repère. » Je partage entièrement cette vision de notre Église. Je préfère utiliser le mot société au lieu de monde qui est plus approprié pour nous. Dans ce sens, je crois que l’Église n’est pas le centre de notre société, elle demeure un repère essentiel dans et pour notre société.

En pensant à la pastorale des jeunes, je pose la question : dans cette société en plein changement, comment pouvons-nous devenir un repère essentiel chez nos jeunes et pour nos jeunes ? Comme évêque, je crois que c’est le défi majeur que notre Église aura à relever dans les prochaines années car il en va de l’avenir du son renouvellement. Au mot repère, le dictionnaire nous dit : « marque qui sert à retrouver un emplacement, un endroit ». Repère est donc porteur de deux éléments : un signe visible et une chose montrée. L’Église catholique est le signe visible; la relation à Dieu en Jésus-Christ est ce qui est montré.

Par conséquent, nous devons être une présence visible auprès des jeunes si nous voulons jouer notre rôle de repère de foi en Jésus-Christ. Nous le sommes déjà, mais que donnons-nous à voir aux jeunes comme communauté chrétienne ?

Pendant plusieurs années, l’Église a eu une présence institutionnelle auprès des jeunes à travers l’enseignement religieux et l’animation pastorale dans les écoles. Maintenant, ce n’est plus le cas. Pour que notre Église joue son rôle de point de repère, il devient urgent que nos communautés catholiques inventent de nouveaux liens avec les jeunes et créent de nouveaux réseaux de présence auprès d’eux. Je pense aux adolescents et aux adultes, mais aussi aux jeunes parents.

Où en sommes-nous au diocèse de Baie-Comeau ? Nous avons des parcours qui établissent des relations avec les jeunes pour une période déterminée. Nous regroupons des jeunes pour le parcours à la vie chrétienne et la démarche catéchuménale. Nous constatons qu’une majorité de ces jeunes ne garderont pas de relation fidèle avec une communauté de foi à la fin de leur parcours, mais l’Église peut tout de même demeurer un point de repère pour eux. Quelques mouvements essaient de développer une continuité et un accompagnement dans la foi, alors que la Journée diocésaine des jeunes initiée depuis deux ans offre un temps fort de vie évangélique et de rencontre communautaire.

Concernant les jeunes adultes et les jeunes parents, nous manquons à la fois de projets ponctuels et de continuité. Nous devons faire des essais pour tenter de les rejoindre. Les projets ponctuels peuvent être valorisés tels que la célébration à l’église avant leur bal des finissants de secondaire qui devient un rite de passage, la bénédiction des enfants avec leurs parents lors d’événements régionaux comme le Festival de la famille, un rassemblement de jeunes adultes dans chacune des zones pour la Journée de la JMJ du Dimanche des Rameaux… Pour ce qui est de développer des projets de continuité, tout reste à faire !

Mais au-delà d’un projet ou d’un autre, soyons francs : nous nous sentons souvent désemparés et mal préparés pour rejoindre ces mondes de la jeunesse ! Nous avons à travailler nos mentalités et faire preuve d’ouverture si nous souhaitons que notre foi devienne un point de repère dans la vie de nos jeunes.

Nous devons adopter l’attitude évangélisatrice de Jésus fort bien décrite dans le document de travail pour le Synode sur la nouvelle évangélisation : « L'art même de Jésus de traiter avec les hommes doit être considéré comme un élément essentiel de sa méthode évangélisatrice. Il était capable de les accueillir tous, sans discrimination ni exclusion : en premier lieu les pauvres, ensuite les riches comme Zachée et Joseph d'Arimathie, ou encore les étrangers comme le centurion et la femme syro-phénicienne ; les hommes justes comme Nathanaël, ou bien les prostituées, ou les pécheurs publics dont il a aussi partagé la table. Jésus savait comment aller au plus profond de l'homme et le faire renaître à la foi en Dieu, qui aime le premier, dont l'amour nous précède toujours et ne dépend jamais de nos mérites car il est son essence même : « Dieu est Amour. » ( La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne, ch. 1, no 23 )


+ Jean-Pierre Blais
Évêque du diocèse de Baie-Comeau






Une Église tournée vers la société


Nos paroisses connaissent des changements historiques importants liés à trois facteurs : il n’y a plus de prêtres résidents ou de communautés religieuses dans chacune des paroisses ; le nouveau mode de vie des gens modifie leur relation à la vie sacramentelle ; les mouvements s’organisent autour de petits groupes. Même si sa visibilité dans la société en est diminuée, cela ne change rien à l’offre de l’Église.

L’Église est au service de la personne humaine et de la société où elle vit: « Ce saint Synode offre au genre humain la collaboration sincère de l’Église pour l’instauration d’une fraternité universelle qui réponde à cette vocation ». (Concile Vatican II, Décret Gaudium et Spes)

L’Assemblée des évêques catholiques du Québec insiste sur la nécessaire interrelation et intercommunication entre l’Église et la société pour qu’elle puisse jouer son rôle et réaliser sa vocation : « Pour se trouver elle-même et vivre en fidélité à sa vocation, l’Église doit se porter à la rencontre du monde, c’est-à-dire de la famille humaine avec toutes ses réalités culturelles, sociales, économiques et politiques. Née de Jésus le ressuscité, elle ne peut, sans le trahir, s’abstraire des conditions historiques du temps et du lieu où elle s’implante. Son point d’ancrage, c’est le monde. Comment en effet pourrait-elle annoncer son message sans d’abord recueillir les besoins, les aspirations, les questions des individus et des collectivités? Comment pourrait-elle proclamer la présence agissante du Vivant sans reconnaître la Bonne Nouvelle qui germe déjàcœur de leurs recherches, de leurs créations et de leurs affranchissements ? » (A.E.C.Q. L’engagement des communautés chrétiennes dans la société , 1994, p.9)

L’offre de l’Église est d’être artisane de communion, de solidarité et de paix pour elle-même et dans la société. Jean-Paul II affirmait: « Il est nécessaire de proclamer que l’Église est signe et instrument de la communion voulue par Dieu, commencée dans le temps et destinée à la perfection dans la plénitude du Royaume. » (Exhortation apostolique post-synodale « Ecclesia in America », no 33) Travailler dans la communion présuppose qu’il y a un échange entre ce que vit la société et ce que vit l’Église dans son mystère, à savoir l’action du Christ et de l’Esprit Saint comme artisans de communion. L’Eucharistie est ce lieu privilégié que nous proposons à la société pour rencontrer le Christ vivant et unificateur.

Le rassemblement en communauté de foi des disciples de Jésus est un lieu important de visibilité de l’Église. Nous y voyons la vie ordinaire de ces communautés qui forment l’Église : « Elle [la paroisse] constitue ce milieu où le chrétien naît, se développe et s’épanouit à la vie divine, où il est accompagné et soutenu dans sa foi, tout au long de sa vie, du berceau à la mort. C’est le milieu où il reçoit et écoute la Parole de Dieu et où il s’efforce de la mettre en pratique. C’est le lieu où, avec ses frères [et sœurs], il célèbre la bonté de Dieu, où il puise dans les sacrements et dans le soutien fraternel la lumière et la force pour accomplir sa mission dans le monde. La paroisse, lorsqu’elle est à taille humaine et permet de véritables liens entre tous ses membres, est le milieu idéal où se construit et se vit la communauté chrétienne. » (Centre pastoral de Kinshasa, 1984)

La communauté paroissiale développe des pratiques pour se faire proche des besoins des personnes. Elle veut ainsi répondre à l’invitation du Christ : « Dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25, 40) Dans nos milieux, il y a les pratiques de solidarité : dépannage de tous ordres, visite des malades, accompagnement des personnes en fin de vie et de leur famille, cueillette et distribution de dons. Il y a aussi des pratiques de collaboration avec des organismes existants: centre de soins de longue durée, comptoir alimentaire, vestiaire… ; sans oublier des pratiques de concertation : projets de Développement et Paix pour les populations du Sud, collaboration entre des instances gouvernementales et les diocèses pour la sauvegarde des églises… Cependant, dans un contexte de manque de ressources humaines et financières, les paroisses peuvent avoir tendance à garder leurs énergies uniquement centrées sur leur vie interne, ce qui rend plus difficile le maintien et le développement de projets sociaux.

Nous voyons aussi la visibilité de l’Église dans les communautés de vie consacrée. Elles ont une vie fraternelle et de prière pour la mission qui, selon leur charisme, comporte des œuvres au service de la société. Sur la Côte-Nord, ces communautés ont mis sur pied différentes œuvres: hôpitaux, écoles, centre d’aide pour les mères célibataires, centre de soins palliatifs, centres d’hébergement pour les personnes en difficultés… Avec les années, ces communautés ont pris des mesures pour assurer la continuité de leurs œuvres désormais prises en charge par la société civile.

La présence de l’Église se manifeste aussi dans les mouvements ecclésiaux qui appuient leur vision d’action sur les valeurs de l’évangile du Christ. Ils ont une vie interne au service de leurs membres et des œuvres externes pour le bien de la société. Chaque mouvement a son charisme et une approche qui lui est propre pour accomplir sa mission. Pensons aux Chevaliers de Colomb, Filles d’Isabelle, Association Marie-Reine, Équipes Notre-Dame, Brebis de Jésus, Renouveau charismatique, Chemin néo-catéchuménal, Cursillo, Marguerites, Vie montante…

À la lumière de toute cette vie que l’Église d’ici a apportée et apporte toujours, je crois que les communautés paroissiales, les communautés de vie consacrée et les mouvements ecclésiaux doivent, plus que jamais, se donner les moyens de travailler ensemble pour améliorer la qualité de vie des collectivités et leurs relations humaines.


+ Jean-Pierre Blais
Évêque du diocèse de Baie-Comeau






Homélie à l’occasion de la célébration eucharistique du 75e anniversaire de Baie-Comeau


Les fêtes du 75e anniversaire de la ville de Baie-Comeau nous invitent à regarder les chemins empruntés dans notre histoire tout en gardant les yeux tournés vers ceux à prendre dans l’avenir. Deux chemins ont été favorisés à l’ouverture de la ville: le premier est la réponse aux besoins de fournir du bois en Amérique ; le deuxième est la réponse à notre foi en Jésus, mort et ressuscité. Ces deux voies ont toujours fait route ensemble dans l’histoire de Baie-Comeau.

La fête de l’Ascension de ce dimanche nous invite à marcher sur ces deux chemins. Avec l’Ascension, l’Église nous enseigne à célébrer et à fêter les deux lieux actuels de la présence vivante de Jésus mort et ressuscité. Jésus est retourné vers son Père et vit auprès de lui. Mais il marche toujours avec nous, ses disciples, dans notre monde. En travaillant avec Lui, nous nous engageons à son service.

Le rassemblement de ce matin écrit une nouvelle page de notre histoire civile et de foi. Le dimanche de l’Ascension vient favoriser l’unification de ces deux chemins dans le mystère de la présence de Jésus : le chemin emprunté pour répondre aux besoins civils et celui emprunté pour répondre aux besoins de la foi.

Jetons un coup d’œil sur l’histoire. Il nous faut remonter à 1899 pour voir le premier essai d’ouvrir une entreprise sur le site du futur Baie-Comeau. Ce sont les frères Henri et Damase Jalbert de Chicoutimi qui ont bâti une scierie à l’embouchure de la rivière Amédée. L’abbé Saint-Gelais a célébré la première messe le 1er novembre 1902 sur ce site. Dans ce fait, nous voyons que, dès le début, la collaboration s’est installée entre les intervenants du milieu. Les frères Jalbert se nouvel essai d’ouvrir Baie-Comeau remonte à 1923. Le gouvernement avait consenti un bail sur la rive Est de la rivière Manicouagan avec la promesse de l’Ontario Paper de bâtir une usine sur place. M. Arthur A. Schmon, grand responsable de la compagnie de M. McCormick, voyait même une usine complète de pulpe et papier. C’est le ministère fédéral des postes qui a choisi le nom de Baie-Comeau à l’ouverture du bureau de poste en 1929, mais, avec le crash économique, le projet a été retardé.

En 1936, le projet de l’usine de pulpe et papier a repris à l’initiative du colonel McCormick et il en a assuré le développement. La ville a commencé à se mettre en place. Le 20 mai 1937, les lettres patentes d’incorporation de la ville sont délivrées. Ce sont ces 75 ans de fondation que nous soulignons aujourd’hui.

L’arrivée des travailleurs et de leur famille a pressé les autorités civiles et religieuses à développer les services d’éducation, de santé et le service religieux. Dès 1937, les élèves fréquentaient des locaux aménagés dans les camps ; l’hôpital Boisvert était prêt à recevoir ses premiers patients ; le sous-sol de l’église Sainte-Amélie, qui portait à ce moment le nom de l’église Saint-Joseph, était construit; l’église anglicane était sur la rue Carleton ; les jeunes anglicans et protestants recevaient leur éducation au sous-sol de leur église. En 1938, la construction de l’école Sainte-Amélie a débuté. Ce sont les sœurs de Sainte-Croix qui sont choisies pour y assurer l’éducation. Le 1er juin 1940, le père Louis-Philippe Gagné, missionnaire eudiste, a célébré la première messe au sous-sol de l’église Sainte-Amélie, dont le rez-de-chaussée n’était pas encore complété.

Mgr Napoléon-Alexandre Labrie, évêque du diocèse, est venu prendre possession de son siège épiscopal en 1946. Très préoccupé par la qualité de vie des diocésains et diocésaines, il voulait faire de Baie-Comeau un centre d’activités d’où il pourrait leur assurer soins médicaux, éducation et formation religieuse. Il était inspiré par le service de Jésus en répondant aux besoins des nord-côtiers et nord-côtières. Il voulait témoigner de la présence du Christ dans le monde par le service à la population.

En Église, notre raison d’être est de nous tourner vers la société pour lui offrir le sens que Jésus donne à notre vie et les services dont nous avons besoin pour grandir dans le respect de notre humanité. C’est là que se rejoignent le chemin qui répond aux besoins civils et celui qui répond aux besoins de la foi. Chacune des institutions travaille à sa manière auprès des mêmes personnes pour améliorer leur vie.

Mgr Labrie et ses successeurs ont fait appel aux communautés de vie consacrée pour développer les services humanitaires dont la société avait besoin. La présence de l’Église catholique, au service du Christ, a laissé sa couleur dans la ville de Baie-Comeau jusqu’à nos jours. Les autres églises chrétiennes ont aussi laissé leur couleur; je ne peux pas les faire ressortir parce que je n’ai pas fait porter ma recherche dans ce sens.

Je pense aux œuvres que l’Église a toujours à sa charge. S. Jeannette Lord, ursuline, a mis sur pied et continue de diriger l’Accueil Marie de l’Incarnation qui vient en aide aux familles monoparentales et à faible revenu. Le vestiaire situé au sous-sol de l’église Saint﷓Nom-de-Marie est opéré par la paroisse. L’accompagnement spirituel des malades, des prisonniers et des familles est aussi un service de l’Église.

Je pense aux œuvres auxquelles l’Église a donné naissance et qui ont été reprises par des organismes ou institutions civiles : les écoles, l’hôpital Le Royer, la maison de soins palliatifs « La Vallée des Roseaux », le centre « Point de rencontre » pour le traitement de différentes dépendances, la « Maison Nazareth » pour les personnes vivant avec un handicap…

Les chemins à emprunter dans l’avenir devront se situer dans le désir de maintenir et même d’améliorer les conditions de vie des gens de Baie-Comeau. Tant les gens du civil que les gens de foi en Jésus vivant auront leur place pour collaborer à l’atteinte de ces objectifs. Le mystère de l’Ascension interpelle, encore aujourd’hui, les témoins de la foi à s’engager pour servir leurs frères et sœurs au nom de Jésus mort et ressuscité.

J’ai entendu récemment le cantique « Tous les arbres ne sont pas plantés ; tous les blés ne sont pas semés ». Quelle belle image qui rejoint le thème du 75e de la ville : « Célébrons ensemble nos succès du passé, du présent et nos initiatives pour le futur »!

Que le Christ de l’Ascension nous accompagne dans les tâches à réaliser!


+Jean-Pierre Blais
Évêque du diocèse de Baie-Comeau






Entrer en carême


Avec le Mercredi des cendres, l’Église nous a invités à entrer en carême. Quelle est cette invitation? Une période de quarante jours que les chrétiens se réservent pour se préparer à la fête de Pâques. C’est aussi la période durant laquelle les catéchumènes se préparent à recevoir le baptême à Pâques. La fête de Pâques devient ainsi la motivation d’entrer en carême, le point d’arrivée. Pâques est le passage de la mort à la vie de Jésus, le centre de toute notre vie chrétienne.

L’Église nous invite à la rencontre de Jésus qui a fait le passage de la mort à la vie. Cette rencontre se prépare en suivant les pas de Jésus qui a débuté son ministère public par quarante jours au désert et l’a terminé par son passage de la mort à la vie. Nous accompagnons Jésus sur le chemin de la Palestine où les évangélistes nous ouvrent des pages sur sa vie : il vit la transfiguration, il chasse les vendeurs du Temple, il s’entretient avec Nicodème, il montre le grain de blé qui doit mourir pour être fécond et il fait une entrée triomphale à Jérusalem avant sa mort sur la croix. Tous ces événements nous font entrer dans le mystère de la personne de Jésus pour rendre possible notre participation au passage de la mort à la vie en Lui.

Le philosophe danois, Soren Kierkegaard, disait un jour : « Ou bien nous nous considérons comme des contemporains de Jésus ou bien nous pouvons tout laisser tomber ». Une année liturgique vécue dans la foi fait de nous des contemporains de Jésus, non pas parce que nous pouvons entrer par la pensée dans son temps ou dans sa vie, mais parce que si nous faisons de la place à Jésus, il entre dans notre temps et dans notre vie, avec sa présence qui nous guérit et nous pardonne, et la force extraordinaire de sa résurrection.

Faire de la place à Jésus vivant, voilà ce que l’Église nous propose pour le garder au centre de notre vie, le carême est un entraînement spirituel pour y arriver. Ce n’est pas un entraînement à vivre seul, mais avec les autres membres de la communauté. Jésus nous tourne vers les autres pour travailler en Église. Il nous partage la vision et la mission de la vie chrétienne à bâtir. La vision chrétienne est de répandre l’amour de Dieu en Jésus dans le monde pour rassembler l’humanité dans le même amour de Dieu. Pour définir la mission chrétienne, j’emprunte la formule de Mgr Robert Le Gall : « Notre mission à tous, ensemble, avec nos charismes et nos missions complémentaires, est grande : faire grandir la Parole de Dieu, en la savourant, en la diffusant de toutes les façons, afin que croisse, comme l’a si bien compris Newmann, l’organisme ecclésial – le corps du Christ – pour la gloire de Dieu et le salut du monde.»

Sur la route du carême, notre mission nous interpelle à une démarche de foi et de conversion nécessaire pour renouveler la communauté croyante et améliorer la société.

Le carême rejoint ainsi la dimension personnelle et la dimension communautaire dans la vie de la foi. Pour nous aider à aller plus loin dans notre rencontre du Christ et notre apprentissage à le servir, des instruments nous sont proposés sous forme de carnets ou sur Internet. De plus, le pape Benoît XVI présente un texte d’approfondissement à partir d’Hébreux 10, 24 : « Faisons attention les uns aux autres pour nous stimuler dans la charité et les oeuvres bonnes ». Il insiste sur le fait que le carême nous offre de nouveau l’opportunité de réfléchir sur ce qui est au cœur de la vie chrétienne : la charité. « Jamais notre cœur ne doit être pris par nos propres intérêts et par nos problèmes au point d’être sourd au cri du pauvre », dit-il. La campagne Carême de partage de Développement et Paix représente une occasion privilégiée d’entendre ce cri. Disciples du Seigneur Jésus, nous devons toujours avoir en tête les visages des personnes pauvres et marginalisées ailleurs et ici; ce sont nos frères et nos soeurs que nous négligeons et oublions trop facilement.

Puisse l’Esprit Saint renouveler nos cœurs et nos communautés dans notre témoignage au service du Christ afin que notre amour fasse la différence pour un monde meilleur.


+Jean-Pierre Blais
Évêque du diocèse de Baie-Comeau






Vœux de notre évêque pour 2012


Choisir la vie, c’est ce que je souhaite à chacun et chacune pour 2012. Avec l’aide de l’Évangile, je propose trois repères pour nous aider à choisir la vie.

Apprendre à aimer : « Quel est le plus grand commandement de la loi? » demandait-on un jour à Jésus qui a répondu : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et tu aimeras ton prochain comme toi-même ». (Mt 22, 37-39) En lien avec la deuxième partie de la réponse de Jésus, j’aimerais vous proposer cette réflexion de Joan Chittister dans son livre Les dix commandements : « Aimer son prochain comme on s’aime implique d’accepter en soi ce que l’on aime pas trop, ce qu’on craint, ce qu’on déprécie... Seules l’acceptation de soi et la reconnaissance de ses faiblesses, de ses imperfections, de ses petitesses et de ses échecs rendent vraiment capable d’ouvrir les bras à l’autre... »

Apprendre à bâtir la paix : « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu, » (Mt 5, 9) affirme Jésus dans le discours sur la montagne. Au Québec, nous n’avons jamais connu la guerre, cependant la paix n’est pas l’absence de guerre. L’intimidation entre jeunes à l’école, la violence conjugale ou envers les personnes âgées, les crimes de toutes sortes, tout cela attaque la fraternité et le respect des personnes. La paix commence dans le regard que je porte sur l’autre et le langage avec lequel je m’adresse à lui, puis dans le soutien que je lui apporte. Construisons la paix autour de nous!

Devenir des signes d’espérance : Dans la lettre aux Romains, saint Paul nous invite à tendre vers l’espérance : « Soyez joyeux dans l’espérance, patients dans la détresse, persévérants dans la prière. » (Rm 12,12). Je connais une jeune fille aveugle qui, malgré son handicap, a fait des études en musique et en chant. Ensuite, elle a choisi de mettre ses talents au service de sa communauté chrétienne. Elle est ainsi devenue un signe de détermination et d’espérance pour son entourage. Devenons nous aussi signes d’espérance en cette année 2012!


+Jean-Pierre Blais
Évêque du diocèse de Baie-Comeau










 

 

 

 

 


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